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Le cercle infernal

Richard LONCRAINE
(17-18)

Grand prix d'Avoriaz en 1978, 40 ans après ce petit chef-d'oeuvre n'a en rien perdu de sa force, de son immense puissance à créer le malaise chez le spectateur, la trouille sans pourtant ne devoir user d'aucun artifice, ni FX tonitruant, ni mouvement de caméra brusque pas plus que de grand suspens. Sur le papier le développement de l'intrigue pourrait paraître long en regard de ce que le film a à dire, du rythme des films de genre actuels, et pourtant il n'en est rien : ces 1h30 pourraient aisément servir d'introduction à n'importe quel épisode débile de n'importe quel "horror flick" moderne, type "Paranormal activity". Comment cela se fait-il ? Prenez une musique réellement exceptionnelle, qui semble pouvoir jouer avec les notes comme avec les émotions des spectateurs, une réalisation veloutée, fine et remarquable (Cf. les plans de fin et cette scène absolument troublante...) qui nous permettre de faire corps et âme avec l'héroïne, son trauma, ses obsessions (sa folie ?). Saupoudré le tout d'un drame, d'un vulgaire accident qui nous touche tous puisque pouvant survenir à n'importe qui, et voici le terreau parfait pour un film d'atmosphère comme on ne parvient que difficilement à en faire de nos jours. Le film prend son temps, installe toute une atmosphère, des sentiments, se rend crédible à nos yeux et dégage de tout cela une puissance incomparable (sauf avec Rosemary's baby, peut-être). Et plus l'intrigue se délaie et plus le film est passionnant, effrayant, implacable, le sujet plongeant peu à peu dans le glauque, le scabreux. Une oeuvre d'une très, très grande classe jusqu'en son final immense que l'on pourra interpréter à loisir... Inoubliable.