Editorial
Filmographies
Le coin fantastique
Mail
Liens

 

Le cinquième élément

Luc BESSON
(12)

Tentative louable que de transposer un univers cyberpunk, très BD, au cinéma. Le film en a la couleur, les décors (superbes) et l’anarchisme (sic !). Bien sur les effets sont à couper le souffle… mais… mais Besson a du mal à suivre une cohérence interne et un désir d’originalité en même temps. Alors il y a les bases du scénario : méchants-gentils-combats-victoire ; un peu de « Freejack » (très peu), de « Stargate ». Là-dessus Besson rajoute une foule envahissante de détails mais a un mal fou à les rattacher à son film (incohérence partielle ; n'est pas Lucas qui veut). Exemple : la musique raï ( !). L’humour, interessant mais uniquement en quelques occasions, lorsqu’il devient bouffonerie, Oldman lorsqu’il en rajoute dans un registre bien connu, les détails futuristes tape-à-l’œil, très funs… autant de bon bons points qui ne se fondent pas à l’ensemble. Peut-être que loin des réflexions du « Grand bleu », assujetti par les sommes considérables de son budget, Besson a fait de son film une œuvre au schéma hollywoodien (poursuite-bastons-amour-humour-happy end = R.A.S.) embarrassé par une machinerie originale qui ne trouve pas toujours sa place dans un film aux bases convenues. Il manque du mystère, du mystique (comme la scéne de l’opéra en partie), une idée farouchement défendue, des surprises (autres que les clopes du futur même si elles sont funs), des moments intenses. Allez, oublions, il s’agit d’une 1ère expérience : le scénariste a eu du mal mais le réalisateur tient adroitement et divinement la barre. Willis est égal à lui-même, ce doit être le secret de réussite des cadrages. Un film très travaillé visuellement (photo), une musique assez inégale : on n’attendait peut-être des morceaux d’anthologie...