| Blanche-Neige
et le chasseur |
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Ruppert
SANDERS |
(13-14) |
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L'esprit de Tolkien souffle sur ce film dont je n'attendais
pourtant pas grand chose. On se rappellera avant toutes choses l'adage
qui prétend que l'on ne fait pas de bons films sans bons méchants
: et bien Ravenna explose à l'écran comme la meilleure méchante
reine jamais vu, non seulement grâce à une C. Theron fortement
inspirée mais par le fait qu'elle n'est pas qu'une simple "bad
girl" qui débarque d'on ne sait trop où ; elle possède
un passé, un trauma qui explique son comportement et notamment
cette obsession de la beauté, un but que l'on peu assimiler à
un désir de vengeance. Ajoutez à cela une relation ambiguë
avec son frère et vous obtenez une méchante crédible
et réellement diabolique. Et puis le scénario continue de
s'amuser avec le conte, tellement appauvri au fil des siècles,
lui inflige une relecture moderne et terriblement excitante où
l'on ressentirait presque le plaisir qu'on eu à l'écrire
ses instigateurs : il cherchera toujours à nous surprendre, à
dévier, à prendre de nouveaux sentiers, bref à nous
intéresser afin de s'affranchir définitivement de la trame
d'origine. Tous les personnages sont forts et peu sont vraiment laissés
de côté, que ce soit le chasseur ou William, tout deux possédants
un lourd passé que l'on pourrait évidemment mettre en parallèle,
ou bien Blanche-Neige, Jeanne d'Arc qui se découvre et se retrouve
au centre d'un trio amoureux (décidément, K. Stewart...)
dont la conclusion restera en suspens (quoique...). La réalisation
est propre et consciencieuse, les décors parfaitement adaptés,
que ce soit la forêt maudite qui réveillerait presque nos
cauchemards d'enfants ou le pays des fées qui en est son exact
contraire. Nouvelle histoire, clins d'oeil brillants (le miroir, les nains...),
nouveaux personnages pour une excellente surprise qui ne cherchera jamais
à ménager le spectateur tout en restant grand public. |