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Avatar

James CAMERON
(17-18)

Voir Avatar et mourir... peut-être pas quand même ! En tout les cas ce film fera date dans l'histoire du 7ème art, comme annoncé par son auteur : si durant la période du cinéma muet ce qu'il manquait aux films c'était du son, durant la période du noir & blanc il leur manquait de la couleur, et bien à ce cher cinéma de notre enfance, il ne lui manquait plus (?) qu'une chose : une véritable profondeur de champ ; Cameron l'a fait ! Et il n'utilise jamais sa technologie pour nous en foutre gratuitement plein la vue, tel un jouet 3D, une démonstration un peu froide : il fait son film comme si de rien n'était et utilise la 3D comme un simple outil, au même titre que... le son ou la couleur. D'ailleurs le procédé sert autant les scènes "intimistes", en tout les cas les dialogues, que les ébouriffantes scènes d'action, notamment les poursuites et les combats.
Ce qui est étonnant dans ce film, c'est son démarrage : la première scène est montée comme une bande annonce et on est tout de suite dans l'action, comprenant les tenants et les aboutissants du scénario à venir. Immense fresque écologique qui emprunte à diverses cultures, notamment japonaise (certains ont cité Miyazaki) en ce qui concerne l'arbre de vie (qui me rappelle par exemple Origine ; mais le thème est exactement celui de Mia et le Migou !) et surtout les liens étroits qui unissent les hommes et leur mère-nature, Cameron nous offre une magnifique parabole. Celle de ces civilisations soit disant avancées qui ont tant massacrées leur paire pour mieux leurs voler leurs richesses, au détriment de toute notion de préservation des cultures, de sauvegarde de l'environnement. Sauf que ce film est de la pure SF et que, lorsque l'homme dérape, la nature le rappelle à l'ordre. Le scénariste-réalisateur nous propose un véritable documentaire, un film ethnologique qui compte bien nous embarquer à la découverte d'une culture radicalement différente de la notre ; mais là où G. Lucas ne faisait qu'effleurer ces cultures extraterrestres (laissant l'univers étendu de Star wars faire le reste), Cameron, en bon anthropologue, disserte avec force de détails sur le sujet : rite, religion, chant, tradition, langage...etc. Les Na'vi, dont on peut douter du charisme à la vue des premières images mais auxquels on s'attachera comme à n'importe quel personnage, font en fait partie d'une nature omnipotente, d'un entrelas qui est symbolisé par l'espèce de cordon ombilical qui les relie aux animaux ou aux arbres. Tout est là pour nous immerger et pousser cette étude aussi loin est un pari assez osé de la part de Cameron ; et on ne manquera pas de croire dur comme fer à ces paysages aussi monumentaux qu'exceptionnels. Idem pour la civilisation impératrice et futuriste terrienne : la haute technologie y est détaillée mais parait complètement banale et c'est en celà que cet auteur est un génie ; notons par ailleurs le clin d'oeil évident à Aliens (Les robots de combat personnels !). Parmi les thèmes abordés, celui de la tolérance me semble l'un des plus intéressants : n'oublions pas que le personnages qui va devoir considérer le "peuple de sauvages" est avant tout un handicapé dont on se moque dès la première séquence... La puissance du discours devient alors imparable !
Un mot sur la performance capture : Weta avait déjà bien défriché le chemin avec son Golum, devenu une référence ultime et historique en la matière, cette fois encore c'est un véritable plaisir que de pouvoir suivre le jeu des acteurs au travers de ses... avatars, dans les moindres détails ; et je me permettrais même une petite critique sur la réalisation de James Cameron qui, à mon sens, n'utilise pas assez de close up (gros plans) alors que c'est à ce niveau que l'on voit à quel point ces visages sont absolument parfaits (mention spéciale à celui de l'avatar de S. Weaver : un véritable choc !). Et puisque nous sommes sur les défauts avérés du film, notons celui-là, qui tient à la trame : si le film est splendidement écrit et ne risque en rien de générer l'ennui, force est de constater que ce ne sera pas la surprise qui nous accrochera puisque tout semble avoir été dit dans les bandes-annonces et, pour le reste, aisément imaginable ; un peu dommage. Avatar reste un film et une expérience historique, à vivre absolument en 3D !!!!!

Deuxième vision : Bizarrement, lors d'une seconde vision d'Avatar, les faiblesses scénaristiques s'effacent au profit de ses forces ; ce sera la profondeur documentaire du film qui émergera, la qualité et l'intelligence dans le choix des codes et des rites du peuple Na'vi (le chasseur remerciant l'animal qui a donné sa vie pour le nourir -on trouve le même rituel chez les indiens Sioux-, le passage à l'âge "adulte", c'est-à-dire lorsqu'on devient un homme du peuple -l'Hanbleceya chez ces mêmes Sioux-). On n'est moins géné par l'histoire car on se rend compte que même en la connaissant on reste captivé tant celle-ci est fluide, naturelle, universelle et racontée de la plus brillante des façons ; les aventures humaines et Na'vi s'imbriquent à la perfection. Il restera également du film deux scènes à mon sens inoubliables : l'un des premières apparitions de Jake, lorsqu'il se réveille et sort de son "cocon", et que l'on se rend compte, on voit pour la première fois et on comprend de quoi est fait cette révolution technique visuelle (aussi marquant que la première scène de Star wars lorsque Vador et ses troupes investissent le Tantive 4) ; la seconde scène marquante est celle où les Na'vi se défendent avec de pauvres arcs et des flèches contre les armes de guerres ultra-perfectionnées des hommes... tout un symbole.

 

La critique des internautes
 
Avatar, qui ne connaît pas ce film maintenant ? Car James Cameron a réussi son pari technologique insensé, à savoir créer un univers cohérent et originale. Sur ce point, on ne peut qu'applaudir une telle réussite technologique, avec des couleurs splendides. Pandora est à découvrir le soir, où sa nature laisse sans voix. La 3D renforce l'impression d'immersion, une véritable évolution dans ce domaine pour le cinéma qui est incontestable. Et puis, même si l'histoire manque cruellement d'originalité, Cameron a ce don de conteur: le spectateur ne s'ennuie pas une minute et reste médusé devant tant de splendeurs chromatiques. Oui, Avatar est dans un sens un progrès technologique, puisque c'est le premier film entièrement tourné en 3D. On n'a jamais vu autant de défis et de prouesses technologiques réunis dans un seul film. Et, rien que pour cela, Avatar est une expérience unique au cinéma. C'est déjà pas mal. Cameron impose clairement son film comme incontournable dans le domaine de la science-fiction. Chapeau.
La deuxième vision ne fait que renforcer les points positifs du film, ses quelques défauts disparaissent presque, d'où un certain étonnement. Une impression bizarre: on ne retient que ce qui fait la force d'Avatar, presque inconsciemment. Cameron réussit alors définitivement son pari.

NOTE : 16/20

JUJU