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Silence
Budget = 50 M$
BOX OFFICE France = 2 306 / 20 604 - 163 000 - xxx 000 entrées
BOX OFFICE USA = 0,131 / 0,5 / (7,1) M$
BOX OFFICE Monde = - M$
 

Martie fait son Mission. Je l'admets : venant de celui que je considère comme le plus grand réalisateur vivant, je peux difficilement ne pas abdiquer devant la richesse de la grammaire cinématographique une nouvelle fois employée dans ce film ; fascinant jusque dans les moindres dialogues. Ceci dit il est dommage que le film perde un peu pied avec son scénario... Nous proposer en 2016 / 17 un choc des cultures par le biais de la religion est particulièrement approprié et intéressant. Soit. A travers le parcours de deux missionnaires, tels les premiers apôtres, nous parler de la liberté religieuse et des persécutions provenant de ceux qui sont persuadés de détenir LA vérité -et non leur vérité- reste d'une brûlante actualité. Sauf que...
Sauf que le film, dans une première partie inutilement étirée, tatillonnante et extrêmement contemplative, nous laisse croire à un vrai manque de deuxième niveau de lecture, loin du propos de départ ; de même qu'à un manque d'approfondissement de la thématique, qui ferait alors cruellement défaut au propos. A peine ressent-on les thèmes de l'espoir ou du doute parfois pointer le bout de leur nez. Le film ne fait qu'effleurer son sujet, s'égare, même s'il trouve quelques trop rares moments de grâce réflexives ça et là ; lors des dialogues entre le prêtre et son traducteur, ou le gouverneur. Riches dialogues qui tardent vraiment à venir... Le scénario aurait, à mon sens, dû basculer bien plus tôt, et la dernière partie être traitée avec beaucoup plus de précision, de détails.
Le basculement ? Les retrouvailles tant attendues avec le mentor, son histoire et tout un film qui devient réellement riche de... tout ! Posant de multiples questions pour aboutir à une conclusion formidable : on ne peut ôter à l'homme ce qu'il a dans le coeur. La religion comme une affaire de culture ? La non-universalité du monothéisme ? Le poids de la conversion ? La force de la foi ? La sauvegarde d'un patrimoine culturel et religieux ? Etc... Pourtant il reste quelques scories scénaristiques sans doute dûes, comme je le disais, à un traitement hâtif de la plus passionnante des parties du film. Et on a également grand mal à savoir sur quel pied danser ; d'un côté ces missionnaires tentent d'imposer -en tous cas leurs prédécesseurs- une religion à un peuple qui en possède déjà une, ainsi que de longues traditions. De l'autre la réponse hyper-violente des intéressés qui est proprement démesurée et humainement intolérable. Pourtant ce sont ces derniers qui vont garder le contrôle sur leur culture, faire plier les bélligérants ; ou presque. Dernière chose : le "silence" du titre me laisse également perplexe... comment un prêtre apparemment expérimenté peut-il interpréter ce silence divin comme un abandon ? Comment un homme de science religieuse peut-il voir Dieu comme une espèce de marionnetiste intervenant dans les affaires humaines sur un coup de baguette magique ? La réponse est peut-être dans cette scène étrange où Dieu semble lui parler...
Il reste donc une impression d'inachevé derrière un film qui traîne à se mettre en route, derrière une oeuvre d'une immense beauté picturale (pour le coup on pourrait la regarder en "silence", la contempler), intéressante lorsqu'il s'agit d'évoquer l'histoire du Japon et servie par un A. Garfield qui m'a encore plus bluffé que dans Tu ne tueras point, gagnant en mâturité de jeu et semblant avoir amorcé sa transformation en acteur de premier rang.

La critique des internautes
 

 

NOTE : -/20

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