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Dunkerque
Budget = 100 M$
BOX OFFICE France = 3 145 / 143 005 - 925 000 - 2 526 000 entrées
BOX OFFICE USA = 50,5 / 188,0 M$
BOX OFFICE Monde = 525,0 M$
 

Nouvelle pierre à l'édifice d'une filmographie sans tâche, Dunkerque ne m'attirait pourtant pas forcément à sa sortie en salles, n'étant pas forcément grand fan de films de guerre. Grosse erreur... C'est un immense film, rare, unique, de ceux qui marque l'âme et le cinéma. Façonné par une photo chromatiquement grisâtre, façon carte postale d'époque, un rien vieillie, asséné par un montage alterné qui donne un regard définitivement imprenable sur cette "bataille" saisissante -montage qui deviendra parallèle lors de certaines séquences, comme pour mieux signifier l'unité des forces en présence-, point de vue qui rend le film digne de son récit, le scénario se voulant quasiment documentaire puisque filmé à hauteur d'hommes, au plus près, dans le sable, la fumée et le sang. Car la réalisation, tout aussi sublime est-elle d'un point de vue purement esthétique, se veut avant tout efficiente, parfaite dans les moindres détails, d'une intensité sans faille, tour à tour envoûtante, millimétrée et surtout portant judicieusement la thématique du film. Tout comme la prestation une nouvelle fois idyllique de H. Zimmer : monocorde, graduelle, presque à la manière d'une composition horrifique ; fabuleusement stressante, sans en faire trop dans un lyrisme qui l'emporterait sur la pureté des sensations. Car c'est de cela dont le film parle, au-delà de l'histoire, du travail documentaire pointilleux, au-delà du simple film de guerre, par-delà le récit en forme d'hommage pour ces hommes tombés pour la liberté. Il nous parle de la peur. C'est une oeuvre profondément humaine qui transpire l'angoisse du soldat face à une situation désespérée, celle de l'être humain voyant sa dernière heure venir ; Nolan le scénariste semble nous dire -et ce sera la leçon de morale de l'histoire- que finalement la guerre n'est qu'un choix, une longue hésitation entre le devoir et la survie. Implacable. N'oublions pas, et ce serait une honte lorsqu'on souhaite évoquer avec justesse l'oeuvre de ce génie, maniaque des détails, la bande-son absolument prodigieuse du film : un récit de combat magnifié, intensifié, rendu quasiment "vrai" par le biais des sons, sons qui font sens et sens qui emmènent aux émotions. Des sons qui s'en viennent remplacer pour beaucoup de longs, souvent inutiles et ennuyeux dialogues. Le cinéma comme un prolongement de la vie, un témoignage vibrant, au sens propre du terme. Nous voilà en immersion totale, aux côtés de ses hommes, aux côtés de ses héros méconnus, aux côtés de ces inconnus. Je fus totalement conquis.

La critique des internautes
 

 

NOTE : -/20

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