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Les sept mercenaires (Antoine FUQUA)

Pourquoi faire un remake de ce classique intemporel ? Bien : on reprend les grandes lignes, la structure narrative de l'original, celle tant et tant copiée depuis à travers série B et série TV (le pense à un épisode de "L'agence tous risque" notamment) ; un riche propriétaire terrien fait sa loi dans un petit village (peu importe qu'il soit au Mexique ou aux USA), bien aidé d'une improbable armée privée qui l'épaule dans ses exactions multiples (vols, violence, meurtres...). Jusqu'au jour où les villageois vont vouloir se rebeller. C'est un film qui explose aux yeux, mais j'ai peur que l'impression ne dure guère longtemps. Léché visuellement, il possède une photo solaire et chiadée (voir les très, très nombreux plans avec l'astre et l'abus de lentilles optiques), une réalisation qui vous met à l'aise (plans amples et savoir-faire), une ambiance moite et un casting de haute volée. Un film qui se veut être un hommage mais, malgré un scénario qui se tortille comme il peut pour asseoir une nouvelle approche (le personnage féminin), n'est en fait qu'une agréable mais simple copie paresseuse et surtout grandement inutile ; destinée essentiellement aux jeunes générations qui peinent à se pencher sur leur passé cinématographique.
On reprend donc (presque) les mêmes et on recommence. Dans la première heure on expose le problème et les enjeux, de façon aussi clair que simpliste, puis on déroule les personnages de façon grandement artificiel (après 3 jours de chasse J. Horne arrive à point nommé, de même que l'arrivée de Red Harvest est un joyeux hasard), exposant la spécificité de chacun mais refusant de creuser pour sortir le nez de la caricature ; on apprendra que très peu de chose sur la plupart d'entre eux. Puis dans un deuxième temps, une deuxième heure, les villageois vont être entraîner et les combats commenceront avec un final en apotéose pour un western ultra-ultra classique et extrêmement carré. Plaisant mais terriblement vide et inutile.



La critique des internautes

Après le film culte de John Sturges sorti en 1960 lui-même inspiré du film japonais Les Sept Samouraïs réalisé par Akira Kurosawa en 1954, Antoine Fuqua nous livre une version honorable et divertissante de Les Sept Mercenaire version 2016. Car si le film n’apporte rien de nouveau d’un point de vu scénaristique par rapport à la version de 1960, le film se concentre sur l’action et le divertissement avec une pointe d’humour appréciable.
Pendant plus de deux heures, l’action ne s’arrête pas et c’est avec un plaisir enfantin que nous nous délectons devant les belles scènes de fusillades (nombreuses dans le film), avec une mise en scène efficace harmonisé par la musique tonitruante du regretté James Horner.
Fuqua livre un western hollywoodien à la mise en scène académique mais plaisante. On ne s’ennuie pas avec ce casting cinq étoiles mais inégal en terme de développement des personnages. Certains des sept mercenaires ont plutôt des rôles de figurants par rapport aux personnages de Denzel Washington ou Chris Pratt. On s’attendait à un travail plus méticuleux de la part des scénaristes notamment de Nic Pizzolatto à qui l’on doit la série True Detective .
Tous les personnages sont des archétypes classiques : les méchants sont vraiment méchants, les villageois sont pauvres, sales, pacifiques et souffrent et les sept mercenaires sont les bons gentils qui font mouchent à chaque tirs. Mais Fuqua nous fait comprendre dès le début avec des raccourcis scénaristiques que le seul intérêt de son film c’est l’action !
Pur film de divertissement, cette version qui contentera très certainement la nouvelle génération de cinéphile qui n’a jamais vu les versions de Kurosawa et Sturges. Pour les autres, cela vous donnera envie de revoir une nouvelle fois la version avec Yul Brynner et Steve McQueen sur sa musique maintenant légendaire de Elmer Bernstein.

Thomas LEMOINE