Jimmy P est un film touchant et simple, profondément axé sur l'humain, sans pour autant être exceptionnel dans la mesure où l'on va attendre quelque chose... qui n'arrivera jamais. La photographie y est belle comme dans les illustrations des années 50, la musique ample et lancinante et le sujet... "l'histoire d'un ancien combattant invalide en parfaite santé". Où comment le blanc se confronte à l'inconnu : celui de la culture amérindienne (les Black Foot) et celui d'une éventuelle maladie mentale, qui va constituée l'intrigue du film. Et celui se construit lentement autour de l'histoire personnelle du personnage principal (celle du docteur est plus évasive et moins intéressante) et des notes du médecin : mais sur quoi cela débouchera-t-il ? Et bien sur rien de plus : quelques interprétations de rêves façon S. Freud, des séances de psy très aboutie ; le film est en fait un lent diagnostique dont on connaît le dénouement et la clef (la douleur physique n'est que l'expression de la douleur mentale). Si B. Del Toro est monumental, M. Amalric égal à lui-même, on reste en fait sur notre faim, celle d'une supposée révélation, d'un retournement de situation ou d'une conclusion qui nous ouvre les yeux sur tout autre chose. En fait il ne s'agit que d'une biographie raconté par le biais de séances de psy qui constitue le squelette du récit plus que son fondement.