La caméra à l’épaule, les couleurs « chair », le générique tordu (un peu « Fight club »), les plans rentre-dedans... Noé a encore signé son oeuvre. Le film s’ouvre sur une transition entre les films précédentes de l’auteur (Nahon...), met sait ne pas recopier ce qui a été fait. Pour preuve le montage à l’envers (merci « memento ») et les 20 premières minutes très difficiles à supporter (couleurs rouges aggressives, images chocs voir très durs, musique insupportable, lieux glauques...) : le malaise s’installe, le but est atteint. Très osé. On peut trouver ça dur ou immorale, c’est en fait terriblement et bassement humain, dans la lignée de ce que l’auteur a toujours dit. Et ça continu : la scène de viol en plan séquence fixe vient éclairer la violence du début (il ne l’a pas mérité ce fils de pute ? On se calme...) ; encore un immense choc, brut, rude, cru et hyper réaliste. Et on remontera le temps, jusqu’à une petite lueur d’espoir, plus calmement, posément. Le scénario en dit plus long sur la nature humaine qu’un long discours (à la fois le pire –le meurtre- et le meilleur –donner naissance-) ; c’est également une longue thèse sur la sexualité (le plaisir du couple, les déviances de toutes sortes : homo, violeur,inceste...). Et c’est cette partie, pédante, qui reste le point faible du film, le coté un peu chiant de la démonstration.