Un film médical, hésitant, très documenté, un anti-film catastrophe qui sait suivre ses personnages sans les scénariser (pas de trauma, d'histoire -ou très peu-, de problèmes, d'envie, pas plus que de leçon...), une oeuvre strictement chronologique et froide comme sa musique électro, sa photo glaciale et parfois charnelle, une oeuvre qui frôle le documentaire -hors mis tout ce qui concerne la mise en scène implacable. Pas de véritable suspens, pas de héros, une intrigue linéaire, quelques sous-intrigues peu encombrantes qui servent le propos initial ; ce film est en fait un simple constat : la logique y est effectivement médicale, le côté social n'a rien de cinématographique et se concentre sur les dérives d'une situation aussi extrême (profiteurs, chaos, héros de l'ombre vite oublié, fabulateurs...etc). Mais il sera justement difficile de s'attacher au film, pour toutes les raisons sus-citées, parce que le scénario décode le genre et, peut-être, se cherche un peu : pas assez fictif pour certains, trop SF pour d'autres, pas assez docu ou pas assez cinématographique, balisé. Il manque, pour ma part, une chose tout de même essentiel, même si le projet est plus que louable, il s'agit de cette émotion qui nous permet de nous impliquer complètement dans le film. Un anti "Alerte !", un nouveau genre issu du docu-fiction télévisuel et à l'ambiance aussi peu engageante qu'un protocole militaire d'urgence. L'art du montage "soderberghien" pointe le bout de son nez à la toute fin.