Un film libérateur comme Hollywood n'en fait
qu'une (ou deux) fois par an : le plus génial, inoubliable pétage de plomb du 7ème art !
Submergé, acculé par le chaos social et son chaos existentiel, un homme, blanc, aisé, mais avec de sérieuses tendances à la violence, perd la raison et s'engage dans une virée folle, une odyssée pour rentrer chez lui fêter l'anniversaire de sa fille ; avec une âme de justicier.
William Foster est un citoyen lambda -et jamais un héros-, avec ses vilains préjugés, aigri, regardant le monde par le petit bout de la lorgnette (violence, impolitesse, haine, pauvreté,...etc). Face à l'abîme, il plonge et devient pire que cette humanité qu'il déteste tant, parfois menaçant, parfois juste, pointant du doigt (et du bout de sa mitraillette) toute l'absurdité d'un monde gouverné par la folie et la bétise. Pourtant cette folie va bientôt le dépasser, le forcer à se rendre compte que, finalement, le problème pourrait également venir de lui... et que l'on peut vite basculer et devenir le méchant de l'histoire. De sa propre histoire.
Le scénario se démarque par ailleurs par ses seconds rôles aussi profonds que profondément humains, ses scènes devenues cultes (la séquence dans le fast food est absolument exceptionnelle) et un M. Douglas qui y fait merveille et nous emporte sans mal dans
ce tourbillon libérateur. Le récit d'un choc entre diverses forces, diverses pression inhérente à l'existence, une double histoire de famille, avec chacune leur drama mais dont la névrose se répond, dans un film tour à tour grinçant, doux, violent, sensible, drôle ou encore cynique, et dont la force provient assurément de son absence de manichéisme.
Puissant et inimitable.