Une fille timide et rêveuse dans un univers parisien idéalisé fait le bonheur autour d’elle. Visuellement dans la continuité de l’œuvre de Jeunet (éclatant, mouvementé et très perso ; la photo rappelle le travail de Khondji) se dégage du film une certaine poésie de tous les jours, touchante ou non, un univers plein de petites choses à décortiquer, apprécier, de détails, de petites leçons. Un peu ronronnant, le film s’articule sur deux axes : Amélie fait le bonheur des autres (anti-égoïsme) et aussi le malheur (gentiment…) ; Amélie est amoureuse. Accroché à ses idées, les grandes lignes restent sans surprise dans le fond, mais on adhère tant il change dans le ton et la forme par rapport à ce qui a déjà été fait. Peut-être que Jeunet n’est pas aller assez loin dans son idée (pourquoi la voix se tait puis réapparait ?) : laisser l’histoire d’Amélie et s’engager contre l’hypocrisie –voilà les vrais raisons du succès du film- et donner dans l’abnégation totale.