All is lost

All is lost est une fabuleuse leçon de navigation en haute mer dans des conditions extrêmes : comme si vous y étiez ! L'homme se tait (3 lignes de monologue, principalement introductif) et la nature parle, crie, enrage ; et la réalisation est bien balancée, très équilibrée. Mais attention : ce film est peut-être l'exact antithèse d'un "Gravity" ; ce n'est pas foncièrement un grand spectacle qui cherche par tout les moyens -fort louables dans le film de Cuaron- à en mettre plein la vue, laissant l'esbroufe au profit d'un film presque lent mais jamais mou, accentuant le côté humain et dramatique, l'aspect poignant, réaliste, n'en faisant que rarement trop. Ce n'est que la longue et inéluctable mise à mort du marin par l'océan, mise à mort technique, didactique et simple, d'une précision chirurgicale mais sans chichi scénaristique ni effet superflu, un film naturaliste où les incidents s'imbriquent en toute logique ; même si la scène du requin est un peu trop poussive et me rappelle l'un des seuls reproches que je faisais à Gravity : un trop-plein de malheur qui nuit au réalisme. Et je tire bien bas mon chapeau à un Robert Redford (près de 80 ans !) qui a accepté un rôle vraiment difficile.