Watchmen |
(17-18) |
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Où ça, des super-héros ? Mais qu'ont-ils fait
avec les héros costumés de notre enfance (70-80's) ???
Ce film est en quelque sorte une thèse sur ces personnages hors
du commun -pourquoi pas, il font partie intégrante de la culture
et on ne saurait réfléchir uniquement en se penchant sur
notre seul nombril-, qui répond aux questions suivantes : que
serait le monde avec des êtres extraordinaires pour nous protéger
(des Dieux ? Non...) ? Et que serait ces êtres dans le monde des
humains ? Et bien le monde en question -une Amérique parallèle
où Nixon cumulerait les mandats de façon plus ou moins
légal- serait un monde de guerre où la trop importante
puissance d'une seule nation (les USA gagnent même la guerre du
Viet-Nam) pèserait sur la paix collatéral avec le voisin
communiste. Ces héros seraient avant tout des humains, fait de
chairs et d'os, faibles derrière leurs pseudo-super-pouvoirs,
avec leur passé pesant et leurs déviances diverses (le
Comédien étant le plus abject des héros jamais
vu sur un écran et il pose une question essentielle : les héros
qui aiment l'Amérique, sont-ils forcément des "gentils"
?!), des personnes habités par leur propres démons, leur
propre "méchant". Le film est une parabole sur la violence
intrinsèque de l'humanité : la société pousse
l'homme -représenté par Rorschach- à la violence,
et Dieu ne semble pas exister ; théorie gauchiste s'il en est.
Chaque personnage est une représentation atypique de l'humanité,
vision pessimiste de l'auteur, à la fois cynique (le Comédien),
détachée (Manhattan) ou haineuse (Rorschach). Cette galerie
très équilibrée de personnages occupe toute la
première partie -avec en filligramme une enquête policière
des plus passionnante- et nous fait découvrir des êtres
faibles, malades, violents, traumatisés et parfois en proie à
la folie pure ; des gens tellement proche de l'espèce humaine
qu'ils possèdent chacun une existence sociale et même politique,
un peu à la manière des X-men, d'ailleurs. Les relations
entre ces personnages forme une vrai tissus social, très étudié,
entre amour et haine, amitié et relation subtiles (à découvrir...)
; le twist sur la vie du Spectre Soyeux et les liens qui l'unissent
à Dr Manhattan (ceux-ci me rappellent la relation entre Vision
et la Sorcière Rouge). Autre élément important
: la réalité alternative est assez excitante et permet
une nouvelle vision du monde très pertinante que l'on pourra
interpréter à loisir, comme étant une critique
toujours moderne d'une certaine Amérique. Différences BD / Film : ce récapitulatif -forcément incomplet- n'est en rien une véritable critique, il s'attache aux grandes lignes du récit, à partir du livre originel (j'en suit la chronologie), et très peu aux détails qu'une adaptation de cinéma ne pourra jamais intégralement retranscrire avec précision ; je donne néanmons mon point de vue..; ATTENTION : méga-spoilers !!! . - 80 % du matériel d'origine se retrouve à l'écran. Le comédien regarde la TV lorsqu'il meurt, mais on ne sait pas
ce qu'il regarde : certaines scènes, l'émission TV, ont
été rajoutées dans le film afin que l'on comprenne
plus aisément le contexte géo-politique (autre exemple
: les scènes avec Nixon ont été rallongées
par Snyder et font sans doute écho aux nombreuses coupures de
journaux que l'on voit souvent dans le livre). |
| La critique des internautes |
| Adaptation hyper attendue pour diverses raisons ,« Watchmen est
enfin visible sur les écrans. Le résultat final semblait
difficile à appréhender à la vue des différentes
: photos , vidéos , interviews et au vue de la complexité
foncièrement atypique du comic book d’Alan Moore. C’est
donc très sceptique que l’on découvre « Watchmen
» sceptique d’autant que les adaptations des comics d’Alan
Moore au cinéma hormis « V Pour Vendetta » n’ont
pas donné grand-chose. « Watchmen » en comics étant
une œuvre si dense , si complexe , si extrême , si particulière
et si unique qu’il est difficile d’imaginer une adaptation
ciné viable. Revenons d’abord sur le roman graphique de Moore et Gibbons,
si l’histoire est si difficile à transposer ce n’est
pas en premier lieu pour son intrigue même ( une enquête
en apparence banale ) mais tout ce qui l’entoure , les personnage
et le contexte aussi brillants qu’atypiques : Au Etats-Unis dans
un 1985 alternatif , Richard Nixon commence son 5ème mandat ,
la menace d’une 3ème guerre Mondiale à l’arme
nucléaire entre les Etats-Unis et l’URSS plane , Le Comédien
super-héros à la retraite officiant depuis pour le gouvernement
lors de diverses missions est assassiné , ainsi les héros
costumé interdits d’exécuter depuis la loi Keene
en 1977 vont être amenés petit à petit à
sortir de leur retraite sous l’impulsion de l’inépuisable
Rorshach pour découvrir ce qui se trame…Le récit
est divisé en 12 chapitres avec chaque fois deux chapitres par
personnage , le roman graphique présente des personnages tous
très différents entre eux qui ouvrent sur des perspectives
diverses et des réflexions ambigus et complexes.Cela ne s’arrête
pas là puisque chaque chapitre est entrecoupé de divers
textes d’archives ( autobiographie , interview , article de journal
, …) qui enrichissent et complexifient l’univers mis en
place et enfin au sein de l’intrigue principale est inséré
un comics dans le comics « Tales of The Black Freighter »
objet de mise en abyme qui éclaire une des facettes nombreuses
de l’œuvre Moore fait une véritable introspection
du comic book à travers « Watchmen ». Pour transposer
à l’écran ce récit le réalisateur
a fait un choix celui de la grande fidélité au récit
original dans son adaptation , le scénario est on ne peut plus
honorable car parvient condenser la trame tout en modifiant quelques
détails ( notamment la fin qui malgré tout reste la même
dans le fond et qui s’avère un changement pertinent ) ,
en supprimer d’autres : les intrigues et personnages secondaires
essentiellement et surtout le fameux « Tales of The Back Freighter
» ( néanmoins une version longue est déjà
promise avec l’intégration du kiosque et du comics «
Tales of The Black Freighter » au sein du film ). Le principal
est que l’essentiel est bien retranscrit et fonctionne , même
quand plusieurs situations et dialogues sont repris à l’identiques
ou presque. Cette fidélité a d’autres avantages
innés : le film n’édulcore pas ainsi le contenu
original , et on retrouve une bonne parties des thématiques au
cœur du comics , certaines disparaissent car propres au support
BD d’autres sont moins mises en avant. En effet Snyder parvient à afficher une maitrise incroyable
qui étonne d’autant plus qu’il n’en est qu’à
son troisième long-métrage , il atteint ici une vraie
maturité en dosant davantage ses effets de style ( et les utilisant
la plupart du temps de manière justifiée et non maniérée)
et proposant quasiment toujours une approche intelligente pour ce qu’il
met en scène. Le film comporte quand même quelques défauts: des détails
qui font taches comme le nez du président Nixon beaucoup trop
caricatural , quelques effets de mise en scène de trop ou trop
appuyés , 2,3 choix musicaux à cotés de la plaque
et certaines scène moins fortes que dans le récit initial
, le personnage et l’interprétation d’Ozymandias
moins bien que le reste… UNKUT |