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Warm bodies
Détails du film sur InCiné

Jonathan LEVINE
(15-16)

Zombie love story : où comment mélanger deux genres, en faire un exercice casse-gueule et, finalement, passer allègrement d'une série B à une série A ? Tout d'abord en dynamitant le genre originel, lui insufflant de nouvelles bases, faisant même table rase d'une certaine tradition au risque d'offusquer les puristes : les zombies deviennent attachants grâce à de belles innovations. Ils sont plus où moins doués de paroles, gardant ainsi une part cachée d'humanité mais boostant formidablement le processus de narration et par là même le mécansime scénaristique. Ils pensent... donc ils sont : en leur donnant une conscience de ce qu'ils sont, produisant un effet de recul par rapport à leur état, le scénario crée un décalage utilisé pour créer un humour percutant, entre l'hommage et la parodie. Autres nouveautés : il y a deux sortes de zombies, deux stades de la zombification plus ou moins avancée dont une plus effrayante et irréversible. La nutrition de ces monstres n'est pas une simple question de survie physique mais l'absorption de la cervelle permet aux souvenirs des victimes de passé dans le corps du mort et lui procurer des sensations ; par contre ils sont dans l'incapacité de rêver... Enfin le zombie n'est plus le personnage secondaire, le monstre de service, l'alibi scénaristique : c'est un héros à part entière, mais un héros troublé, moitié bad guy, capable du meilleur comme du pire ; rien de mieux pour approfondir un film qu'un héros qui échappe à tout effet manichéen ! Dernière chose : les films de zombies se concentrent la plupart du temps, au risque d'oublier le pitch et la trame, sur des effets gore saisissant, pour ainsi dire absent dans ce cas, signe évident que l'intéret est tout ailleurs : ici les zombies sont souvent plus humains et réfléchis que les humains. Alors où est cet intéret ? Simple : dans le double et subtil message -simple mais tellement vrai et très justement avancé- que le film délivre ; il n'y a que l'amour qui pourra délivrer le monde et l'espèce humaine de la destruction et de la bêtise. Il faut apprivoiser les différences qui font la richesse des hommes, apprendre à connaître "l'autre" et transformer ces différences en force plutôt qu'en menace : c'est en se serrant les coudes que l'humanité a évoluée et progressée. Le genre de film qui sur le papier était un vrai défi et qui pourtant nous bluffe de A à Z : aucun temps mort, une grande fluidité, une intelligence d'écriture (la voix off aurait pu devenir lassante mais elle s'atténue petit à petit), une love story qui refuse toute niaiserie, évoluant le plus naturellement du monde, une bande son juke box qui a le mérite de faire des choix judicieux, un cross over qui devient un plaisir intense, un bonheur de cinéphile (le réalisateur n'a pas son pareille pour faire vivre son film : une oeuvre propre et inventive). N'oublions pas que l'auteur nous a déjà emballé avec un 50/50 qui alliait la comédie avec le thème du cancer...

 

La critique des internautes
 



NOTE : -

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