Videodrome |
(17-18) |
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Un des films les plus puissants de son auteur et des
plus réussis. Une vision de l’emprise télévisuelle
et une vision sado-masochiste de notre rapport avec ce média ;
un choc visuel et mental. Ne serais-ce qu’au niveau visuel, la photo
charnelle et étouffante, orangée et rouge, les corps sujets
à toutes les métamorphoses, les mutilations (le héros
qui passe sa main dans l’ouverture béante de son ventre,
sa main qui « absorbe » son revolver, un type qui explose…).
Cronenberg, évitant les débordements sanglants, aime à
parler de viande, de chair sans âme, sa réalisation est très
racée, il y a tant de signification derrière ses mouvements
lents, larges et si douloureux parfois. Et ses plans fixes et contemplatifs
qui rendent mal-à-l’aise. Un film visuellement violent et
pénible, aggressif et jouissif. Alors la critique de notre univers
télévisuel va se trouver être encore plus cinglante
: votre « ami » est votre pire ennemi, nocive, sexuelle, violente,
gargantuesque, elle vous détruit de l’intérieur telle
une drogue, vous lui appartenez, croyez en elle. Chocantes ses scènes
voyeuristes de sado-masochiste très snuff… mais vous ne détournerez
jamais le regard, attiré comme une mouche… oui, le héros
du film, c’est vous, spectateur ! Admirez ces métaphore de
l’homme fouettant son maitre, de l’homme magnétoscope
qui absorbe les images directement, de l’homme qui absorbe la violence
d’une arme comme partie de lui. Décrypter c’est adoptez
le point de vue de cet auteur toujours très en avance sur son temps,
très réfléchi et intéressant ; son film est
à l’image de notre monde : absurde, extrème, méchant,
violent et complaisant. Merci à Trevor Jones et à Woods
pour leur composition respective et sans faille. |