Editorial
Filmographies
Le coin fantastique
Mail
Liens

 

Vice-versa

Pete DOCTER - Ronnie DEL CARMEN
(13-14)

Alors, pour faire simple et sans concession aucune, ce nouveau Pixar "réussi" le grand écart complet entre les Télétubbies et le cour de neuro-sciences (mâtiné d'un soupçon de Freud). Le concept de base est résolument neuf, frais et complètement excitant : passer dans la tête d'un personnage / petite fille et découvrir le fonctionnement de son cerveau par le biais de ses émotions ; celles-ci guident l'être en tant que gardiennes des souvenirs et des rêves mais sont à la merci de la mémoire, des sentiments, des pôles d'intérets...etc. Bon : je simplifie, mais le but est également là. Dans la simplification. Entre l'esthétisme parfait du monde réel et celui très flashy des 70's, un peu appuyé sans doute pour représenter les pensées d'une fillette de cet âge, il y a une fois de plus un très grand écart d'effectué... Sur le fond cet envers du décor inédit et plutôt ambitieux pourrait d'ailleurs se résumer au combat quotidien entre les deux émotions reines : la joie et la tristesse ; et ça change beaucoup de chose à l'essence de l'eouvre, car notre personnage n'est plus un vulgaire pantin manichéiste confronté seulement à l'éternel lutte entre le Bien et le Mal, mais il est plutôt l'esclave de ses émotions (et là je vous renvoie à vos cours de philosophie / religion), elle-même génératrices de ses souvenirs, ceux qui font de nous ce que nous sommes. Les archétypes sont donc très bien sentis (les design des émotions) et dans l'ensemble le film donne le sourire et caresse notre intellect dans le sens du poil... avant de se transformer en une espèce de "L'aventure intérieure" aux côtés d'un marchmallow (sic !) et de perdre de sa force pour mieux pointer du doigt les plus jeunes de nos spectateurs ; même si l'imagination en roue libre laisse place à une multitudes d'idées bienvenues. De plus l'aventure réelle de la jeune fille n'a rien de bien existant et aurait pu être beaucoup mieux travaillé afin de donner une véritable seconde dimension à l'oeuvre ; les trames sont trop linéaires pour satisfaire à notre besoin cinéphilique, tout du moins adulte. Un film au final trop tiraillé entre des extrêmes et qui manque d'une plus grande cohésion interne, se trouvant plus proche du cour de science imagé et très pédagogique que du film finement scénarisé en son milieu, se perdant un peu à jouer les équilibristes entre le métrage définitivement adulte et la vulgarisation infantile. Et s'il manquait tout simplement... d'émotions ???.

 

La critique des internautes