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La tortue rouge

Michael DUDOK DE WIT
(17-18)

Un naufragé, une île déserte, quelques animaux dont une tortue pour le moins étrange, et pas une ligne de dialogue. Un film tout en grâce. Les dessins y sont épurés, le crayonné direct, les couleurs pastelles et la musique absolument exceptionnelle : il s'agit d'une oeuvre d'art, poétique avant tout et qui nous change complètement (et heureusement) des éternelles suites et films originellement photocopiés made in Hollywood qui formatisent nos mômes et les transforment en consommateurs de produits dérivés. Une bouffée d'air frais dans le monde de l'animation. Mais le plus étonnant c'est que ce film est d'une simplicité angélique ; autant dans le trait que dans la récit. Et de cette simplicité naît la beauté. Un simple twist dans l'histoire et l'oeuvre prend une dimension extraordinaire : celle de la création. Il créa l'homme, puis la femme. Ils enfantèrent et vécurent heureux entre les divers aléas de la vie (accident, départ...). Entre métaphore de la vie et rêve / illusion, le film est un concentré d'émotions -émotions primaires et pures comme l'eau de roche, jamais dénaturées par une scénarisation à outrance (lorsque l'enfant chute, notre coeur fait de même) ; un concentré de nature et de pureté absolues, une oeuvre naturaliste. Pourtant c'est tout autant un conte fantastique où l'homme se mêle aux caprices de la nature, s'en empare, les accepte ou les subit. Ce film est la définition même d'humilité, celle où les silences sont lourds de sens. Sublime : finalement il ne sert pas à grand chose d'en faire la critique, le mieux est de courir le voir.