Le
royaume de Ga'Hoole : la légende des gardiens |
(15-16) |
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Quand on va voir un film de Snyder on a toujours peur
que la beauté envahissante du produit l'emporte sur le fond...
et ce n'est jamais le cas !!! Car Zack a compris une chose : le cinéma
est un art visuel et un excellent scénario sans une excellente
mise en image... c'est de la radio ! La 1ère image, dans le brouillard
nous permet de dire, qu'ici, la 3D ne sera pas artificielle. Puis apparaissent
nos héros : des chouettes (original, non ?) que l'on croirait sorti
d'un documentaire, en tous les cas d'une étude zoologique fouillée
tant les détails sont tous minutieux et absolument fantastiques
; chaque mouvement est précis, "animal", hyper réaliste,
le rendu des plumes nous laisse sans voix, les séances de vol nous
rappelleraient presque "Le peuple migrateur", et pourtant il
y a une véritable identification à ces "personnages"
car ils existent, ressentent des émotions et nous les font parvenir
intactes grâce à une animation intelligente et très
fine qui ne trahit pas leur statut d'animaux, ne les humanise pas mais
les rend émotionnellement viables. Les images, toutes les images,
sont absolument renversantes, les décors et en particulier les
immenses forêts ; le soin qui leur est apporté est un signe
non pas d'art mais presque d'artisanat et le souci du détail en
font des objets presque plus vrai que nature, en tous les cas magnifiés
par la cinégénie. Snyder poursuit une carrière sans
faux pas et sont travail est parfait : autant dans la durée de
chaque plan (il laisse parfois trainer sa caméra pour nous faire
découvrir les lieux sans plans cuts) que dans la mise en relief
des scènes, il y a une recherche formelle sur la façon d'aborder
chaque décors et d'impliquer les spectateurs ; les combats sont
titanesques et il n'a pas sa pareille pour en sublimer chaque mouvement
(ses désormais célèbres ralentis), surtout lors des
séquences de vol qui sont d'une beauté... naturelle. Mais
alors qu'en est-il au niveau de l'histoire ? C'est un cartoon plus adulte
que la moyenne, une oeuvre de fantasy dans la plus pure tradition (un
groupe sombre, magnifiquement appellé "les Sangs-Purs",
asservi les faibles, un héros qui n'en est pas un trouvera des
ressources et accèdera à la légende), une aventure
ambitieuse qui ne ménage pas son audience : kidnapping, trahison
shakespearienne qui ira jusqu'au bout de son raisonnement, fin ouverte,
drame, nombreux personnages et un bon soupçon de frousse et de
violence, sans être pour autant frontal à la vue de l'audience.
Globalement le scénario est bien équilibré même
si les scènes plus consensuelles sont plus ampâtées
bien qu'elles le fassent sans concession à un humour bon enfant
qui parasiterait le film. Il y a même de nombreuses scènes
qui nous scotchent littérallement, et par leur grâce et grâce
à la musique absolument génial de ce film : on débute
par un quasi hommage à Morricone, frôle du doigt les meilleures
compo de Howard Shore et on poursuit avec une merveille digne de G. Bregovic,
trouvant ainsi des tonalités variées et justes. C'est un
film qui est assuré de bien vieillir et de toutes évidences
résistera à de multiples visions. |