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La reine des neiges

Chris BUCK - Jennifer LEE
(10-11)

Un sérieux coup de jeune : cette reine des neiges pourrait presque appartenir à l'univers Marvel (récente acquisition de Disney...) puisqu'elle possède le pouvoir et le destin tragique d'un mutant... J'attendais beaucoup (trop) d'une oeuvre autant plébiscitée, et sur la durée et à travers le monde entier : et si l'on reste à la surface il est clair qu'entre le professionnalisme de Buck et l'argent de Disney il y a de quoi régaler les yeux. Mais pour le reste, je suis tombé de haut : les chansons sont vraiment faibles, forcées dans leur composition, souvent bancales, fades et peu engageantes, manquant sérieusement de cette poésie que l'on retrouve dans bien d'autres classiques (Le roi Lion, Le livre de la jungle et même Aladdin). Longue à démarrer est cette aventure, le scénario s'améliorant au fil des minutes mais se tortillant beaucoup pour, finalement, dissimuler une héroïne tout ce qu'il y a de classique (la fameuse princesse privée de trône et exilée). Est-ce pour mieux nous prendre à contre-pied dans la seconde partie, faire table rase du classicisme et ouvrir de nouveaux horizons ? Pas vraiment, hélas : cette aventure a bien trop de mal à surprendre le spectateur le moins aguerri à ce genre d'exercice, même ébouriffé de chansons dans ce qui ressemble à une oeuvre de comédie musicale un peu bâtarde (vendre des CD plutôt que d'embrasser définitivement le genre), souriant à l'éternel petit bonhomme rigolo que l'on retrouve dans presque tous les cartoons Disney (mais j'avoue que son côté "démontable" a de quoi faire rire) et assistant, passif, à la naissance du véritable amour. Et on s'ennuie dans ce film : ça manque d'un véritable mystère (l'accident du début aurait dû être traité comme tel, histoire de donner plus de saveur au récit), d'une intrigue plus solide dans l'aventure (trop rapide ; heureusement la découverte d'un nouveau bad guy fait beaucoup de bien à l'histoire), d'une reine plus ambigue (même si elle est pas mal épicé, on sent une sorte de "stratégie d'évitement") ; ce film n'est tout simplement pas assez puissant pour embarquer le spectateur adulte, pas assez évolutif jusqu'en sa happy end ultra prévisible. La fin possède pourtant un meilleur rythme, le film s'avère moins fade, moins vain, et tout aussi beau à voir. Disney ne s'estvraiment pas assez lâché...