| Prodigies |
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Antoine CHARREYRON |
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Le manque de succès de ce film est essentiellement
dû... au manque de curiosité des spectateurs ! Et à
l'époque : sorti presque conjointement à la lucrative licence
"X-men", l'amalgame ne pouvait lui être favorable (d'ailleurs
le "professeur" s'appelle Charles, quelque part il y a lutte
entre le bien et le mal parmi ces êtres à part, l'idée
d'une école y est avancée, les héros sont jeunes...)
; et puis le souvenir d'une certaine série, "heroes",
restait encore trop présente dans la tête des éventuels
fans : la même violence, la même recherche de héros
ayant un pouvoir, celle de leur but commun... Après techniquement
les dessins n'ont rien d'exceptionnels non plus, peut-être est-ce
volontaire, en hommage au métériau d'origine que je ne connais
pas, mais les cheveux façon "Playmobil" éloigne
le spectateurs d'une certaine forme d'identification, l'esthétisme
reste assez froide bien que réellement stylisé et il aurait
sans doute fallu pousser plus loin le travail d'adaptation. Pourtant les
thèmes sont savoureux : celui de la différence, ces héros
mal-menés et vengeurs qui sombrent du côté obscur,
le personnage central de la fille-mannequin (un peu plus développé
que les autres, qui restent forcément dans son ombre), son drame,
son évolution psychologique, son amour contrarié. Mais les
pouvoirs de ces personnages ne sont pas assez mis en avant, le scénario
empreinte sans doute un sentier peu attractif, sinueux au mauvais sens
du terme (le jeu dont le but reste flou et peu savoureux) et guère
significatif, laissant la première partie du film prendre trop
de place, le film mettant trop de temps avant de trouver sa voix (la vengeance),
se concentrer sur son véritable sujet ; bref : on n'est loin de
voir exploité l'univers très riche de "La nuit des
enfants rois". Un film obscur, jamais soft et, surtout, parfaitement
maitrisé par un réalisateur qui exploite à fond toutes
les possibilités de son univers 3D et nous embarque aisément
grâce à de beaux "prodiges" virtuoses. Car le film
sait être impressionnant, il ne le montre peut-être pas assez
souvent et on sent que derrière la surface il y a vraiment quelque
chose à développer... déçu, certe, mais intrigué. |