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Planète terreur

Robert RODRIGUEZ
(13-14)

Segment 2. Où quand le cinéma n'est que visuel et référentiel. Outrageusement gore, sexy, excessif dans tout ce qu'il entreprend (dialogues, effets, mise en scène, histoire ou personnages), une photo un rien passée, exagérée et joliment déformée pour un hommage à corps perdu, plus à un esprit qu'à un genre. Plein de personnages typiques et "tarentiniens" gravite dans ce zombie-movie de série B (jusqu'au bout de la pellicule), film de zombie qui n'a rien de politique (comme ceux de Romero) ni de bisseux (ceux de Fulci) ; le film se situe exactement en leur milieu. On aurait presque du mal à lui reprocher un certain manque d'originalité (c'est presque le but du film et son intéret réside dans le traitement), les dialogues font souvent mouches même si on n'adhère pas tout de suite au propos et qu'il existe quelques passages à vide au début. Comme je l'ai dit : c'est un spectacle visuel, jouissif et rentre-dans-le-lard qui est autant de clins d'oeil et une réussite formelle.

 

La critique des internautes
 

Deuxième partie du segment Grindhouse signé Robert Rodriguez cinéaste inégal mais franchement réjouissant à certaines heures et très sympathiques dans son ensemble capable de passer du géniallissime Sin City au très médiocre Les Aventures de Shark Boy et Lava Girl.
Ce Planète Terreur s'impose sans conteste parmi ce que le réalisateur a fait de mieux un hommage naviguant entre série B et Z avec un plaisir immédiat , un véritable pur délire ininterrompu furieusement et absolument jouissif de bout en bout.
Rodriguez n'est pas Tarantino et il le sait ainsi le fait d'aborder son segment hommage d'une démarche radicalement opposée là ou Tarantino réfléchit sur le genres, ses références et cherche à reprendre les codes pour les transcender, Rodriguez choisit de se fondre dans ses références pour mieux les témoigner et les sublimer.
Introduit par la seule fausse Bande-Annonce qui a survécu des 4 initialement présentes, Machete réalisée par Rodriguez lui-même est déjà en soi exceptionnelle ce qui suit l'est tout autant si ce n'est plus.
Si son scénario aussi con et fun soit il ne révolutionne pas le zombie-movie en soi ses personnages sont tout bonnement excellents et campés avec rage et passion par leurs acteurs : Rose McGowan sans cesse mise en valeur par le cinéaste dévoile des talents d'actrice surprenants et s'avère limite touchante, Freddy Rodriguez survolté déborde de classe et de charisme, Naveen Andrews et Josh Brolin sont tous aussi terribles dans des rôles plus secondaires.
La mise en scène de Rodriguez déborde de passion avec comme ligne directrice des cadres serrés et un montage vif sans pour autant nuire à la lisibilité de l'action et au émotion qu'elle procure et le réalisateur parvient à rendre hommage avec un plaisir communicatif constant son film, les couleurs subissent le même traitement que dans Boulevard de la Mort mais l'imagerie est bien différente, l'univers que met en scène Rodriguez est lui aussi très différent de celui de Tarantino...
Enfin la BO signé de Rodriguez himself comme souvent est franchement bonne et s'impose parmi ses meilleures compositions aux cotés de celui de Kill Bill Vol.II.
Bref Planète Terreur est une grande réussite un moment de cinéma passionné et ultra jouissif qui s'impose peut-être pas comme le meilleur film de Rodriguez (place réservée à Sin City) mais s'en approche et s'avère son oeuvre la plus personnelle (la réussite de Sin City étant davantage due à Frank Miller), et la plus jouissive.

NOTE : 18/20

UNKUT