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Le petit prince
Budget = 59,6 M€
BOX OFFICE France = 2 025 / 280 931 - 641 000 - 1 952 000 entrées
BOX OFFICE USA = 0,117 / 1,3 M$
BOX OFFICE Monde = 97,6 M$
 

La principale et grande qualité de ce film est de nous surprendre en refusant de se plier bêtement à une lecture littérale de l'oeuvre, mais plutôt en construisant une histoire autour, pour en retirer la substantifique moelle ; ou tout du moins une partie, vu la richesse immense du matériau d'origine. C'est donc l'histoire d'une petite fille dont la vie est minutieusement programmée par sa mère (et sans doute par son père affreusement absent, modèle "fantôme"), carrée, ordonnée, régi par le temps et où il n'y a aucune place pour une quelconque ouverture sur l'extérieur, notamment pour l'amitié. Et c'est cette amitié qui nous est narrée : celle qui nait avec le voisin, viellard ubuesque, fameux aviateur et ami du petit prince. Voici un regard moderne sur l'oeuvre absolument géniale de A. de St Exupéry : deux mondes, deux générations et techniquement deux modes d'animation ; des liens entre les mondes relient les histoires textuellement en les délayant joyeusement. Car tout part d'une vie ennuyeuse ou l'amour n'épanouit pas le héros (celui de la rose / celui de la mère), d'un voyage initiatique pour éveiller sa conscience, de séparations et de retrouvailles. Un développement tout azimuth et radicalement évolutif qui relègue toute forme d'ennui ou d'impression de déjà vu, une oeuvre à la beauté picturale aussi rare qu'originale, originalité qui vient d'une fausse confrontation entre animation traditionnelle (aussi beau que le travail des studios Aardman) et numérique (costaud comme les américains). Sur le fond le film rend hommage à ce que St Exupéry nous a laissé : un monde adulte qui possède une trop forte propension à l'oubli, un univers froid où tout semble tourné autour de la possession (la fausse richesse, pas celle du coeur), la réussite relative (cette mère qui croise quelque minutes par jour son enfant et ne croise jamais son mari, a-t-elle vraiment réussi sa vie de famille ???), le pouvoir, l'utilitarisme pour un bien-être tout relatif, le bienfait illusoire du travail lorsque l'on vit pour travailler, et enfin l'absence cruelle de rêves, d'émerveillement (ici et métaphoriquement : les étoiles). Une vieille histoire, complexe et très bien racontée, qui a le mérite de surprendre sans pour autant atteindre la perfection. Le doux prolongement d'un chef-d'oeuvre qui continue de nous supplier de ne pas oublier et de ne bien vouloir ne voir qu'avec le coeur. Combien de spectateurs auront pourtant oublier tout cela sitôt sortis de la salle ???

NOTE : 13-14 / 20

La critique des internautes
 

 


NOTE : -/20

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