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Passengers
Budget = 110 M$
BOX OFFICE France = 2 898 / 150 336 - 587 000 - (1 303 000) entrées
BOX OFFICE USA = 15,1 / (100,0) M$
BOX OFFICE Monde = (299,5) M$
 

Le compromis délicat entre le film d'auteur et le film de studios : spectateurs, si vous êtes ici pour voir une tornade cinématographique, un space opera dantesque ou un film catastrophe de l'espace... vous allez êtes surpris. Déçus ou agréablement surpris. Le passage dans l'espace de l'auteur de Imitation game n'est pas au final si étonnant que cela : car les trailers vous ont joliment mentis ! Film d'auteur avec des thèmes bien déterminés et dominants, au décor un brin claustro magnifiquement sublimé par la partition au diapason de T. Newman et un final qui dénoterait presque par son énormité, rapport au reste du film. Reprenons depuis le début.
Passengers est avant toute chose et durant les 3/4 du métrage un drame humain, presque théatral, se muant en une love story spatiale ; on pourrait aisément imaginer la même histoire, sur Terre, dans un décor minimaliste. Ne vous attendez pas non plus à voir des personnages bergmaniens, un rythme lent et une oeuvre totalement cérébrale. Il possède tous les ingrédients, à leur juste dosage, du film grand public, film qui aurait cependant et sans nul doute mérité d'être un peu plus approfondi ça et là ; fun, humour, folie latente, tendresse, amour, haine, questionnement... Le film restera peut-être en surface mais conservera constamment cette fraîcheur surprenante. Et c'est au moment où survient le drame que nous avait caché la bande-annonce que l'on comprendra qu'il s'agit en fait de la terrible histoire de la solitude, mortelle solitude qui ronge les êtres au point d'en faire des monstres d'égoïsme ; ou des créatures incapables de vivre seules, sans leurs congénaires, faussement asociables. Le film revisite le thème des naufragés, des Robinson (de l'espace) en y adjoignant une subtilité réflexive ; mais sans verser dans l'évidence d'une relecture de l'histoire d'Adam & Eve. De cet égoïsme va naître un amour bancal, incomplet puisque basé sur un mensonge... et chez le spectateur naîtra cette compassion nécessaire, ce background qui unira les personnages à la fois sur l'écran et dans leur coeur. Etrange sensation que l'on pourrait analyser à loisir... mais pas sans spoiler le film. Alors oui, le final et sa surdose de FX, de technicité maladroite pourra paraître presque hors-sujet, cependant il restera dans le ton puisque clôturant le drame par une espèce de sacrifice, en tous les cas une rédemption : mais j'ai peine à croire que le studio n'est pas mis son grain de sel dans le scénario, histoire de donner un peu de grain à moudre aux spectateurs trépidants. L'histoire devient soudain un peu lourde à digérer alors que jusqu'à présent le film était en équilibre entre les dialogues et les rares moments avec des FX grâtinés, le scénario prend un peu à la légère quelques passages (la combinaison incroyablement solide, un peu de chance, la mémoire de l'héroïne infaillible au bon moment...etc) et écrase un peu le précepte de départ. Finalement l'explication de ce réveil soudain, on le sent bien, n'est qu'une toile de fond qu'il faut bien finir d'accrocher derrière la scène principale : une histoire d'amour, l'exploration théorique de son fonctionnement, sa raison d'être (amour forcé, au vue des possibilités ? Du drame ? Comment naît cet amour et pourquoi résiste-t-il ?). Et je ne renie surtout pas la toute fin : fausse happy end parfaite qui laisse même aux spectateurs le loisir de se poser quelques questions sur le fameux laps de temps.
C. Pratt et J. Laurence ne sont pas des acteurs d'exception, mais ils font leur boulot et le font bien, Tyldum est parfaitement à l'aise, et avec les scènes imposantes et avec les scènes intimistes. Le décor est tel que l'on s'y sent comme chez soi et l'oeuvre n'est pas avare de grandes et impressionnantes scènes, telles que celle de la piscine et toutes celles avec ce personnage robotisé, "Arthur". Un film qui nous surprend ? Imparfait, un peu léger, mais difficile de ne pas être conquis par une oeuvre qui ne va pas du tout là où on l'attend.

NOTE : 13-14 / 20

La critique des internautes
 

 

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