Le
parfum |
(17-18) |
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Le plus beau des parfums se situe forcément à
la douce frontière du cinéma fantastique. Voici enfin un
tueur en série qui sort complètement du lot : il tue pour
capter et conserver la senteur des femmes afin de créer le parfum
ultime, celui de la première femme qu'il a aimé et n'a pu
garder qu'en souvenir. Un tueur qui n'en devient presque qu'un simple
voleur d'âme, sans méchanceté aucune, sans la haine
inhérente à ce genre de personnage, un pauvre homme qui
vous touchera au plus profond tant par son destin incroyable (sa solitude,
le destin de ses "maitres", sa mort), un artiste fantastique
dont la vie n'a de but que celui de créer son chef-d'oeuvre absolu,
l'expression de sa première sensation ou comment retrouver la véritable
saveur d'un souvenir ; sa seule ambition : faire de sa nostalgie une réalité,
fantasme ultime et improbable de tout nostalgique. Réalisation
suave, décors et reconstitution parfaites, scénario écrit
avec un brio rare tant il nous tient en haleine et sait rebondir brillamment,
et final en apothéose, sublime, étonnant, ambigu et extrèmement
fort. |