Editorial
Filmographies
Le coin fantastique
Mail
Liens

 

Orange mécanique

Stanley KUBRICK
(19-20)

Je crois en toute honnêteté que ce type n’a que des chef-d’œuvre à sa filmo… aussi incroyable que cela puisse paraître. Tant mieux pour nous ! Il faut bien trois bonnes visions cinématographiques pour apprécier totalement la densité et l’intelligence d’une telle œuvre. Saluons tout d’abord la fidélité de l’adaptation : authentique, linéaire et sensible, mis à part l’intro et la conclu.
Quel inculte a dit que ce film n’était pas violent ? Pas de sang, de gnons, de kickboxing, d’explosions, de gros mots… pas de violence digestive et graphique sans intérêt ni traumatismes possibles. En fait chaque scène du film comporte de la violence et ce jusqu’à l’apogée insoutenable du traitement (la scène de viol en musique et chanson n’est pas mal non plus…). Mais il faut comprendre que la violence n’est pas toujours celle que l’on voit, que l’on croit (l’acceptation politique de la violence à la fin fait bien plus froid dans le dos qu’un coup de poing de JCVD). Les décors sont violents de par leur graphisme, leur blancheur contrastante ; la musique de Beethoven rend chaque séquence violente de par ce même contraste (un morceau de hard et la violence devient acceptable). La scène de baston est la seule exception à ses règles : totalement allucinante, irréaliste, filmé de façon vive et cut (que les coups), pas de musique que le bruit des coups, tout décor ne servant qu’à être détruit sur le crâne d’un ennemi, le tout chorégraphié par un Gene Kelly de la baston. Graphique mais réaliste, surréaliste, voluptueux et… sans souffrance, avec un certain plaisir même.
Lorsque cette même violence s’efface c’est au profit du sexe, le second pôle de la nature humain, et tout y passe : femmes nues, partouze en accélérée, viol, branlette, objet d’art aux formes inspirées : une vision de la psyché humaine concentrée sur 2 heures !
La morale de l’œuvre ? On nous parle de socialisation forcé pour sortir l’homme de l’état de violence et le controler, on pose la question : peut-on anéantir la violence de l’homme ? Kubrick répond : l’état ne soigne pas l’homme, il utilise sa violence naturelle pour satisfaire ses besoins (guerres, police…). Un vrai cours de philo, en plus intéressant !
Enfin, si ce genre de film trop personnel, trop violent, trop sexuel, trop ambitieux, trop intelligent, trop étrange ne vous plait pas il vous reste la qualité de la balance musicale et son utilisation appropriée, la beauté de la réalisation, la vision de l’œuvre (bien en avance sur son temps), le jeu des acteurs et, enfin, la richesse de ce nouveau vocabulaire. Un chef-d’œuvre immortel que seuls les imbéciles n’ont pas compris.