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Orange mécanique
Budget = 2,2 M$
BOX OFFICE France = - / ? - ? - 7 625 000 entrées
BOX OFFICE USA = - / 25,6 M$
BOX OFFICE Monde = - M$
 

Je crois en toute honnêteté que ce type n’a que des chef-d’œuvres à sactif… aussi incroyable que cela puisse paraître. Tant mieux pour nous ! Il faut bien trois bonnes visions cinématographiques pour apprécier totalement la densité et l’intelligence d’une telle œuvre. Saluons tout d’abord la fidélité de l’adaptation : authentique, linéaire et sensible, mis à part l’intro et la conclu mais de façon totalement raisonnée.
Mettons les choses au clair : oui, ce film est extrêmement violent. Pourquoi ? Pas de sang, de coups, d’explosions, de gros mots… pas de violence visuelle et graphique sans intérêt ni traumatismes possibles. En fait chaque scène de ce film comporte son lot de violence, psychologique et intellectuelle, et ce jusqu’à l’apogée insoutenable de son traitement (la scène de viol en musique et chanson n’est pas mal non plus…). Mais il faut comprendre que la violence n’est pas toujours celle que l’on voit, que l’on croit (l’acceptation politique de la violence à la fin fait bien plus froid dans le dos que n'importe quel film dit "d'épouvante"). Les décors sont violents de par leur graphisme, leur blancheur contrastante avec l'ambiance oppressante ; la musique de Beethoven rend chaque séquence violente de par ce même contraste (un morceau de hard-rock et la violence devient acceptable). La scène de baston est la seule exception à ses règles : totalement allucinante, irréaliste, filmée de façon vive et cut, pas de musique, que le bruit des coups portés, tout décor ne servant qu’à être détruit sur le crâne d’un ennemi, le tout chorégraphié par un Gene Kelly de la baston ; un peu à la manière d'un film de kung fu. Graphique mais réaliste, surréaliste, voluptueux et… sans souffrance, avec un certain plaisir même. D'où la violence intuitive de la séquence.
Lorsque cette même violence s’efface c’est au profit du sexe, le second pôle de la nature humain (Eros & Thanatos), et tout y passe : femmes nues, partouzes en accélérée, viol, branlette, objet d’art aux formes inspirées : une vision de la psyché humaine concentrée sur 2 heures !
La morale de l’œuvre ? On nous parle de socialisation forcée pour sortir l’homme de l’état de violence et le contrôler, et on pose la question aux spectateurs : peut-on neutraliser la violence de l’homme ? Kubrick répond par la négative : l’état ne soigne pas l’homme, il utilise sa violence naturelle pour satisfaire ses propres besoins (la guerre, l'utilisation de la police…). Un vrai cours de philo, mais en bien plus intéressant !
Enfin, si ce genre de film trop personnel, trop violent, trop sexuel, trop ambitieux, trop intelligent, trop étrange ne vous plait pas il vous reste la qualité de la balance musicale et son utilisation appropriée, la beauté de la réalisation, la vision de l’œuvre (bien en avance sur son temps), le jeu des acteurs et, enfin, la richesse de ce nouveau vocabulaire que l'on intégrera très vite. Un chef-d’œuvre immortel que seuls les plus obtus et rétrograde n’ont pas compris : les mettre face à leur propre réalité de pensée les a peut-être bien mis mal à l'aise...

NOTE : 19-20 / 20

La critique des internautes
 

 

NOTE : -/20

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