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Minority report

Steven SPIELBERG
(15-16)

Première qualité : c’est un film très complet (SF, polar, action, drame, métaphysique...et une pointe d’humour) et donc plus délicat à écrire qu’un film de genre. Ensuite, il est impressionnant de constater le travail du chef op’, nous offrant, pour un futur peu valorisant, une photographie quasiment noir et blanc (les couleurs estompées, les vétements, les décors...) ; un futur ultra-sécurisé et policé (le scanning automatique, la perte de l’anonymat, les moyens des forces de l’ordre), dominé par l’image (les pubs perrsonnalisées pouvant même être une arme de recherche très BigBrother) et dont l’humanité s’est encore estompée (les prisons où les détenus sont dans des cocons, lobotomisés). Effrayant et noir tout en restant très réaliste et proche de nos préoccupations contemporaines, très recherché (la manipulation des images avec le corps, les manipulations génétiques, les transports, l’espace urbain). La métaphysique nous vient du thème principal : une réflexion sur le crime d’intention et tout ce qui en découle : culpabilité ? Liberté ?...etc. De quoi réfléchir loguement. L’aspect policier est très prenant, complexe sans être pour autant compliqué. Les FX sont somptueux (les véhicules en particulier). Un film très fort, visuel, très prenant, presque palpable, personnel (la folie bienvenue et décalée de certains personnages, la scène de la campagne, l’humour...), sensible (le fils mort et les séquences vidéo, les humains modifiés et l’ humanité qu’on leur refuse, ils vivent uniquement dans le futur des autres ; ce sont des objets de la science). Un autre thème fort, à ce propos, ce dégage du reste : celui de la science qui se substitue à la religion (création, appelation...) et ce refus du destin.