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Lovely bones

Peter JACKSON
(12)

Soyons dès à présent clair : je m'attendais à un petit chef-d'oeuvre qui manie l'onirisme avec parcimonie et finesse, une oeuvre sensible et touchante, un autre Créatures célestes si vous préférez... Mais Jackson n'est tout à fait pas à la hauteur de nos espérances et ce sont les défauts qui remontent à la surface plutôt que l'impression d'un ensemble correct. Tout d'abord parce que l'on a du mal à pénétrer dans ce monde onirique, même s'il est subtilement amené, et parce que l'on a du mal à ressentir ces émotions terribles et foudroyantes dont on est censé être envahi vu le sujet (pour sa défense il faut dire que le ton du scénario n'est pas vraiment triste et la narration par la morte apporte une note d'espoir). Pourquoi donc ? Il faut alors se poser une question essentielle : quel est l'enjeu de ce film ? Connaitre l'identité du meurtrier ? Pourquoi celle-ci est rapidement dévoilée (dans le trailer) après 5 minutes de cache-cache ? Non : l'intéret doit être ailleurs. Est-ce de voir comment cette fillette va trouver la paix céleste ? Pas besoin de chercher loin pour comprendre ce qu'il doit se passer ; la fin serait cousue de fil blanc. Difficile dans ces conditions de s'attacher à ce film sans une trame digne de ce nom. Il y a sans doute autre chose : la qualité visuelle du film. Oui : ce pré-Paradis est ravissant, souvent sublime... mais il manque cruellement de sens et de symbolisme (hors mis les évidences : les bâteaux dans les bouteilles, les champs infinis censés représentés l'espace qui la sépare de la vie, l'arbre qui meure et qui renait étant le symbole de son apaisement...) ; il reste "inexploré" et on risque fort de s'ennuyer à y chercher autres choses que de belles images. Après tout ce n'est peut-être que l'image que se renvoie Susue de sa propre conception du Paradis (rappelez-vous la première scène : le monde parfait du pinguoin dans sa bulle).
Finissons-en avec les défauts : qui n'a pas été interloqué par cette scène un rien grand-guignolesque (le trou immense et aménagé creusé au beau milieu du champ...) ? Voilà : il en reste une idée de départ grandement originale, une véritable finesse dans l'interaction vivant / mort (interaction qui, du coup, n'apporte pas grand chose...), un film très bien fait et visuellement éclatant (les effets spéciaux mais également le travail incroyable sur la photographie); simplement un peu trop creux derrière ce déluge de belles choses, d'excellents acteurs. Un manque de message si ce n'est celui pleinement satisfaisant de l'espoir. C'est peut-être et seulement celà dont parle le film : l'espoir dont tout un chacun à besoin pour survivre à ses blessures, l'espoir de trouver autre chose après cette vie de joies mais surtout de peines. D'ailleurs les dernières images (étonnantes, pour ma part...), les différentes façons dont cette famille fait le deuil de Susie, tout celà n'est-il pas une espèce de trame -un peu floue-, une leçon pour les vivants ? Peut-être que le scénario ne se focalise que trop sur le reste...