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The lighthouse
Robert EGGERS
Budget = - M$
BOX OFFICE France = 444 / 6 662 - 27 000 - ? 000 entrées
BOX OFFICE USA = 0,4 / (10,7) M$
BOX OFFICE Monde = 12,0 M$
 

Le film de la maturité. Malgré d'évidentes qualités graphiques, je n'avais pas été conquis par un The witch qui boutait en touche son sujet par manque d'un scénario alléchant, d'un objectif clair et, un peu, par prétention.
Eggers poursuit pourtant son exploration d'un cinéma de genre différent, personnel et indépendant. De par un noir et blanc atypique, une atmosphère brumeuse et humide, des scènes faiblement éclairées, une bande son touffue, au naturel et souvent stridente. Et un décor éloquent et grandiose.
Eggers compose des plans extrêmement précis pour accueillir / cueillir le spectateur, des plans léchés mais qui ne s'en tiennent pas à une simple une beauté formelle : il parvient à insuffler un rythme à son film, tant par le scénario subtilement évolutif -et beau dans le verbe- que par de subtils mouvements qui ne manquent jamais de nous captiver.
Difficile alors de ne pas succomber à cette atmosphère d'isolation qui nous embarque aux côtés, au plus près, de ses deux gardiens, dans un véritable voyage claustrophobique, aussi intérieur qu'extérieur.
Le film s'ingénie à lancer des pistes et nous laisse libre de toutes interprétations : il y a une malédiction informelle, un brin de religiosité, la répétitivité d'une vie de labeur, le carcan de l'isolement et surtout des mensonges en guise de thématique. Mais c'est avant tout le choc de deux êtres : l'un, marin supposé et bourru qui a roulé sa bosse et n'est jamais avare d'histoire, l'autre, encore plus mystérieux, en quête de liberté et de paix. Ce sont deux acteurs fascinants et investit dans leur rôle jusqu'à la folie. Mais il y a également tous ces acteurs secondaires : le phare en lui-même, les visions...
Alors on en vient à se demander quel est le sujet du film ? Ce sera pour ma part une étude clinique des les effets de la solitude qui nous embarque à la fois dans le domaine du rêve, du fantasme, d'une réalité distordue et de l'ivresse. L'étude de la folie d'un lieu déteignant sur ses protagonistes (la lumière que s'accapare le vieil homme, les créatures, une sexualité détournée) ou l'on finit nous-même, spectateur, par ressentir cette perte de la temporalité (combien de temps ?), de l'orientation et de la réalité.
Envoûtant, original, intriguant, flou, comme si les ombres qui planaient sur les images se reflétaient également sur l'histoire (ou le contraire...).

NOTE : 15-16 / 20

La critique des internautes
 

 


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