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Jack et la mécanique du coeur

Détails du film sur InCiné

Stéphane BERLA - Mathias MALZIEU
(17-18)

Un sacré air de "Tim Burton"... mais ce n'est pas une copie ; ou alors le plus beau des hommages que l'on puisse rendre à l'un des plus grands et des plus atypiques auteurs américains. Car il est vrai que ce film transpire l'amour du 7ème art, l'amour avec un grand "A", l'hommage y est foisonnant : visuellement, comme on l'a dit, il y a comme un peu d' "étrange Noël", une fascination pour l'étrange, la différence, mais il y a aussi beaucoup d'expressionnisme allemand dans les décors (on y cherche même le Dr Caligari...), un salut à Frankenstein (de par le thème, la coiffure de la "maman"), Pinocchio, L'éventreur, Freaks ou G. Mélies, la partition musicale un rien funêbre ne peut qu'évoquer à son tour l'immense Danny Elfman et tout l'univers des contes fantastiques y est développé. Tel que le héros et sa différence marquée, les conditions qui vont devoir régir sa vie, l'isolement, un monde à part, une multitude de personnages que l'on croirait sorti d'Alice au pays des merveilles... Et puis cette oeuvre est un tourbillon musical, de style et de genre, mais gardant toujours en ligne de mire son propos. Les images sont d'une rare réussite, fascinantes, belles à en mourir, foisonnantes à un tel point que l'on n'a qu'une seule envie à la fin : revoir le film, venir y chercher les détails que l'on n'a pu y voir à la première vision. Et le scénario n'est pas en reste, bien au contraire : l'idée est absolument grandiose, pas très loin du génie, créative, moteur de l'intrigue, permettant à l'histoire d'amour de prendre une toute autre dimension ; un film à la dramaturgie cornélienne, à la tristesse et à la beauté nous permettant de retrouver tous ces sentiments qui vont de pairs avec nos propres histoires d'amour... une métaphore formidable qui nous laisse une question en suspens : l'amour peut-il tuer ? Vaste question que nombre d'artistes se sont déjà poser maintes et maintes fois. En tous les cas la scène finale est insoutenable de finesse, toute la magie du film y prend alors son véritable sens et notre coeur n'y résistera pas ; nous avons là un élément de réponse à la question posée précédemment... La réalisation y est tout autant inventive, mouvante et fraiche. C'est une oeuvre digne de Burton : griffée, éclatante dans la pénombre, de la pure magie, de la belle poésie, un patchwork de couleur de son et de paroles et un monde qui nous a définitivement envoûté. Un enchantement à tous les niveaux !

 

La critique des internautes