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Huit et demi

Federico FELLINI
(19-20)

Difficile de critiquer un film ou les symboles, les métaphores et l’ironie jallonent un scénario jouant à fond la carte de l’onirisme. Il faudrait bien évidemment un nombre incalculable de visions pour acquérir les clés du rêve de Fellini, pour analyser en détail cette incursion du rêve dans la réalité. Pourtant, dès la première vision, il paraît évident que le génie italien n’est pas forcément difficile à comprendre (touffu tout au plus) tant son montage parallèle fonctionne. Alors ne retenons pour cette courte critique que le rêve introductif (le réel-l’intellectuel qui essaie de maintenir sur terre l’artiste, d’annihiler sa liberté ; un artiste par ailleurs anonyme…) ainsi que celui qui conclut le film ( la Mort permet aux fantasmes du réalisateur de se clarifier, de se réaliser. Il va mettre en scène). Entre les deux il y a deux heures sous acide, d’un réalisme pertinent, si fort que l’on se demande si Fellini ne fait pas exactement les mêmes rêves que nous, n’a pas les mêmes désirs et parvient à les mettre en images. Et s’il était en train de nous proposer une véritable vision de la vie, hors de l’illusion créée par nos sens, ces images que seuls les artistes sont capables de voir et de retranscrire. Le reste, la partie purement technique, n’est qu’un assemblage génial et cohérent : une photo qui explore l’univers et le cerveau de l’artiste, offre les plus beaux contrastes du cinéma ; Nino Rota à la musique ; un Fellini dont on oublierait presque tout le travail de réalisateur. Le hors champ devient notre univers et nous impose à l’œuvre. Dans le chef-d’œuvre !