Huit
et demi |
(19-20) |
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Difficile de critiquer un film ou les symboles, les
métaphores et l’ironie jallonent un scénario jouant
à fond la carte de l’onirisme. Il faudrait bien évidemment
un nombre incalculable de visions pour acquérir les clés
du rêve de Fellini, pour analyser en détail cette incursion
du rêve dans la réalité. Pourtant, dès la première
vision, il paraît évident que le génie italien n’est
pas forcément difficile à comprendre (touffu tout au plus)
tant son montage parallèle fonctionne. Alors ne retenons pour cette
courte critique que le rêve introductif (le réel-l’intellectuel
qui essaie de maintenir sur terre l’artiste, d’annihiler sa
liberté ; un artiste par ailleurs anonyme…) ainsi que celui
qui conclut le film ( la Mort permet aux fantasmes du réalisateur
de se clarifier, de se réaliser. Il va mettre en scène).
Entre les deux il y a deux heures sous acide, d’un réalisme
pertinent, si fort que l’on se demande si Fellini ne fait pas exactement
les mêmes rêves que nous, n’a pas les mêmes désirs
et parvient à les mettre en images. Et s’il était
en train de nous proposer une véritable vision de la vie, hors
de l’illusion créée par nos sens, ces images que seuls
les artistes sont capables de voir et de retranscrire. Le reste, la partie
purement technique, n’est qu’un assemblage génial et
cohérent : une photo qui explore l’univers et le cerveau
de l’artiste, offre les plus beaux contrastes du cinéma ;
Nino Rota à la musique ; un Fellini dont on oublierait presque
tout le travail de réalisateur. Le hors champ devient notre univers
et nous impose à l’œuvre. Dans le chef-d’œuvre
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