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Get out
Jordan PEELE
Budget = 4,5 M$
BOX OFFICE France = 1 488 / 51 190 - 465 000 - 1 145 000 entrées
BOX OFFICE USA = 33,4 / (175,5) M$
BOX OFFICE Monde = (252,4) M$
 

Un premier et très long plan pour donner le ton. Puis un constat qui restera ancré dans la thématique du film : il est triste de voir qu'en l'an de grâce 2017 les couples mixtes doivent se demander si leur compagnon sera accepté par leurs parents... Le constat d'une Amérique où le racisme sournois a remplacé peu à peu la ségrégation. Il faut bien avouer que l'on est surpris par ce film, quoiqu'on en pense au final : un thriller fantastico-horrifique pleinement ancré dans le constat social ; une oeuvre sur le statut des "noirs" aux USA. Surprenant car, pour un premier film, le réalisateur en maîtrise parfaitement le cadre, mettant sur pied une inquiétante atmosphère, poisseuse et viscérale, sachant à la fois décortiquer les dialogues -nombreux- et mettre en place des détails qui auront toute leur importance. Car rien n'est gratuit ici, chaque petit fragment de film, aussi insignifiant puisse-t-il paraître, aura son importance à la fin... Et Peele se garde bien de tout effet classique, attendu par le spectateur, n'hésitant pas à mêler les genres comme pour mieux appuyer sa démonstration. Point de grosse débauche de moyen (presque...). Et c'est par cette finesse que le spectateur se glisse dans la peau du héros -dans la peau d'un homme de couleur- et vit les contradictions d'un pays qui n'en a pas finit de masquer péniblement ses défaillances. Etrange atmosphère où la tension grimpe progressivement, le rythme n'étant pas celui d'un film d'horreur lambda.
Pourtant Get out est bien loin d'être parfait : la clef du mystère nous est révélée bien trop tôt, à la fois dans le trailer et au début du film, pour mieux essayer de nous surprendre dans un deuxième temps. L'hypnose aurait dû être la pierre angulaire de l'histoire. Et c'est cette révélation finale qui ne colle pas : le scénario va bien trop loin dans son délire et finit par dénaturer à la fois le film (sobre dans la majeure partie du métrage) et le propos (tout en nuances). Son succès très américain est cependant, non seulement dû à ses qualités, mais à une sortie au timing parfait : signe de la fin de l'ère Obama, et d'une nouvelle époque plus sombre et régressive, constat d'un racisme qui s'est muté ; ici aussi intégration et assimilation sont tristement synonymes...

NOTE : 13-14 / 20

La critique des internautes
 

 

NOTE : -/20

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