Frankenstein |
(17-18) |
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Un film à mon goût pas franchement grand
public mais qui ne peut que ravir les amateurs d’art, dont je fais
partie, et qui allie la puissance dramatique d’un Whale,
la fidélité d’un Smight
et les qualité du réalisateur de « Henry V ».
Certains reprocheront le côté classique et théatrale
de cette même réalisation, j’y verrais un certain modernisme
(steadycam, alternance de plan cut et d’autres plus long) une grande
intelligence (les personnages de Victor et de sa fiancée marchent,
en plan de séparation, Victor la demande en mariage : ils sont
réunis dans le même plan) et beaucoup de travail (le monstre
vu un instant par une lucarne et la seconde d’après il pose
une main sur la bouche de la femme qui le regardait… un bel exemple
de montage elliptique). Subtile, évitant les effets faciles et
le pure visuel, le film à cette autre qualité, celle d’innover
un thème rabaché. En y apportant des pans entiers du livre
originel. Résultat : on est cloué dès le début
par un mystère que l’on connaît mais que l’on
a hâte de découvrir. On peut même dire que, à
l’instar des grands classiques du cinéma (le devriendra-t-il
?), il échappe à toutes classification : c’est un
drame à connotation fantastique emporté d’un souffle
épique et mystérieux. Amour, science, haine et folie, le
film est à l’image de cette scène où le créateur
se bat contre sa créature : une métaphore géniale
(ici il s’agit de celle de la naissance, thème du film, avec
la mort que le baron est censé vouloir supprimer afin de venger
sa mère morte en couche). Souffrance, psychologie, solitude, émotions,
religion sont autant de thèmes traits à travers ce monument
classique aux teintes inoubliables et aux maquillages dont on a oublié
de dire à quel point ils sont réussis. |