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Entretien avec un vampire

Neil JORDAN
(12)

Toutes les promesses ne sont pas tenues. Le (long) petit jeu à la « mordre ou ne pas mordre » du début ne fait, hélas, que résumer les ambitions du scénariste. Le traitement psychologique n’est pas assez fin, pas toujours convaincant et enthousiasmant : les relations Louis/Lestat se résume souvent à des questions de bouffe, la dépendace de Lestat n’explosant qu’après sa mort. On peut également trouver les rapports sexuels entre les personnages pas assez poussés, même pas soft. Le renouveau du vampirisme ? Dans un sens oui, si l’on omet que la vision interne et la mort du vampire sont énoncés dans « Near dark », la modernisation du mythe modernisé dans « Lost boys » et une foule de séries B récentes ; on retiendra alors cette gamine qui ne sera jamais une femme, la belle atmosphère baroque et le développement de la condition des êtres éternels. Sans oublier l’humour mordant ! Il y a de grandes scènes qui réveilleraient un mort, une réalisation classique, des effets canons, une belle photo, une musique magistrale et un T. Cruise méconnaissable au côté d’acteurs chevronnés, inspirés mais pas toujours bien servis (Cf. B. Pitt). Si la construction de l’histoire se veut loin des clichés (scènes chocs disparues, longs dialogues) il y persiste quelques mauvaises herbes (la fin ?). Il y a sûrement beaucoup trop de passage à vide… ce qui est ennuyeux au cinéma.