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Enemy
Détails du film sur InCiné

Denis VILLENEUVE
(12)

Une introduction totalement déroutante (il n'est peut-être pas inintéressant de savoir qu'il s'agit en fait de la fin du film et que vous ne manquerez pas de la revoir après sa vision...) et réalisée de main de maître, générant une ambiance incroyable, ambivalente et incompréhensible, aux couleurs forcées, aux flous artistiques, aux plans minutieusement choisis et aux ombres dérangeantes. Une atmosphère maladive très proche de ce que nous propose un Fincher ou un Lynch. Et la réalisation restera magistrale - peut-être ce que j'ai vu de mieux cette année-, pleine de mouvements subtils, de recherche esthétique (parfois trop esthétisant) et de signifiants troubles. Le sujet est alors lancé en pâture : l'arrivée dans la vie de ce prof d'université d'un acteur dont il est le sosie parfait débouche sur une histoire folle, troublante, le film prend son temps mais, à force de marcher sur la corde raide, finit peut-être par s'égarer dans les 20 dernières minutes (l'acceptation du chantage me parait un peu poussive pour faire basculer le scénario...). Cet échange standard tiendrait trop du voyeurisme primaire si l'on ne connaissait le but du film, but qu'il nous faudra découvrir a posteriori. Car la dernière image, totalement inattendue, vous laissera dans un immense désarroi... Le film est absolument fascinant, difficile à aborder et voici ce que j'ai personnellement pu en retirer : il y a divers symboles qui traversent l'oeuvre, de simples images (l'araignée, le sexe, la ville, une société secrète très misogyne) mais, sans pouvoir toujours tout recouper, c'est le problème identitaire qui en est au centre ; l'apparition d'un double du personnage n'est que la prise de conscience de ce problème : rappellons-nous ce que dit sa mère à propos de son fantasme (être acteur), rappellons-nous ces cours universitaires où il parait s'ennuyer (la répétition volontaire du début), rappellons-nous ces problèmes avec sa petite amie (qui part au milieu de la nuit ; l'autre femme, elle, est enceinte). Et puis il y a cette ville étouffante, ce gropuscule sans âme et cet animal qui évoque la peur (??). Il faut sans doute recoler les bouts, laisser son imagination divager et se faire prendre... ou pas...


La critique des internautes
 

NOTE : -/20

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