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Eternal sunshine of the spotless mind

Michel GONDRY
(13-14)

Quand une excentrique extravertie rencontre un timide conventionnel, ça fait une belle histoire d'amour, touchante et un peu rêveuse... sauf que le film, le véritable film, ne débute qu'après un bon quart d'heure, comme le signifie Gondry avec son générique ; et les surprises peuvent pleuvoir. A mi-chemin entre un improbable hyper-réalisme (la caméra est à l'épaule, la photo sâle, il y a de grandes scènes dialoguées...) et le fantastique un brin prétexte, ce film est un voyage dans la mémoire d'un homme amoureux à qui l'on efface les souvenirs. Un film-puzzle sans grand enjeu (l'histoire est celle de Mr Tout-le-monde) qui fait abstraction du temps et de l'espace -la chronologie étant rudement malmenée, les décors se métamorphosant comme au théatre- et qui s'envole lyriquement lorsque la mémoire disparait : le réalisateur use de procédés visuels totalement maitrisés, frais et surprenants, drôlement intelligents (à l'image de cet homme qui n'a été vu que de dos et dont on ne peut voir le visage). Un oeuvre poétique un peu folle qui se démène beaucoup pour une histoire toute simple et jamais intellectuelle (les conséquences de ces manipulations ne servent qu'au final).