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La dernière maison sur la gauche

Dennis ILLIADIS
(12)

Il y a vraiment le fantôme de Wes Craven qui plane sur ce film... Un vrai remake qui ne se contente pas de copier : tout d'abord on nous présente les personnages afin de leur donner de l'épaisseur (les victimes sont des citadins, riches ; les tueurs sont implacables et dérangés), les dialogues sont plus consistants et le scénariste se permet même l'ajout d'un symbole fort (la jeune fille qui se douche méthodiquement et s'habille doucement avant de...). Bien sûr il n'y a plus la photo crade qui caractérisait l'original, les couleurs sont beaucoup plus chaudes, ce sont celle de l'Afrique du Sud (lieu de tournage) qui les ont hélas remplacées, mais la réalisation très tendue, abusant de corps qui remplissent totalement l'écran, font de ce remake une vraie relecture visuelle (Craven n'étant pas à proprement parlé un génie derrière la caméra). Il y a un grand respect du matériau original : c'est un constat froid de la violence humaine par le biais d'un calvaire, d'une longue torture, vengés de la pire des façons. Mais tout n'est pas aussi puissant : la première partie est en équilibre avec la seconde alors qu'elle prenait largement le pas dans le film de Craven (le calvaire en devenait un pour le spectateur, prisonnier des images chocantes et douloureuses) et la seconde parassait plus expéditive (les temps ont changé... la "morale" reprend le dessus), ce qui rend le film moins troublant, beaucoup plus pudique (pas de fellation sanglante !) malgré quelques scènes assez dures, mais plus purement gore que psychologiquement violentes (à l'image de la dernière scène) ; on désamorce encore cette violence génante. D'ailleurs, le retour de la fille est, je pense, une grossière erreur, puisque la mort de l'héroïne entrainait de toutes autres conséquences, et pour le spectateur, et pour les parents de celle-ci. Reste que l'histoire en elle-même, ce contexte complètement dingue, fonctionne toujours aussi bien.