Cria
cuervos |
(19-20) |
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L’intrusion du passé et du futur dans des
évènements présent avec tant de réalisme et
de crudité justifie à elles seules les tendances inavouées
de ce film. Certainement l’une des œuvres les plus émouvantes
qui est été faite ; cette impression, à travers le
regard d’une fillette, de la mort et du remord est proprement bouleversante.
Il suffit que la délicate musique s’installe (un chef-d’œuvre
à elle seule !) et notre cœur fini de souffrir. Il y a dans
cette œuvre tout un pan de cinéma vérité sud-européen,
toute la cruauté du monde artistique ibérique, cette façon
de parler de la mort comme d’une compagne qui nous tient par le
main… un cinéma pure et dure aux couleurs fades, à
l’atmosphère froide, un cinéma d’auteur loin
des blockbusters. L’histoire de cette fillette perdue et lunatique
est troublante : perdue dans un présent qui n’est plus le
sien, tiraillée par l’amour fou de sa mère, décédée,
et la haine de son père. Une fillette adulte qui et parle avec
la mort, la mort de sa mère. En fait ce film évoque une
sorte de dérangement mental : celui qui fait vivre un être
appartenant au passé dans notre propre présent de façon
bien réel, comme un trait que l'on aurait ou que l'on ne voudrait
pas tirer. Grandiose et ceci sans emprunter les chemins larmoyants du
mélodrame. De plus la réalisation participe à nos
émotions de par ses cadrages et ses mouvements très directs,
son étude de l’espace filmique monodimentionnel (présent-passé-futur).
Simple, subtil, froid et implacable. Ces visages, ces sons, cette musique
(elle nous hantera jusqu’à la mort). Une étude psychiatrique
et sociologique… mais je ne suis pas assez qualifié. |