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Conan
Détails du film sur InCiné

Marcus NISPEL
(6-7)

Un masque pour les gouverner tous... Les premières scènes à la dramaturgie grand-guignolesque annoncent de quoi sera fait ce remake : du spectacle pour du spectacle (le temps s'arrête sur le champ de bataille, les méchants assoiffés de sang tue tout le monde... sauf le héros). Si le scénariste choisit tout d'abord d'expliquer le personnage de Conan, sa mythologie, on restera dans le l'heroic fantasy balisée, du sous-Conan qui ne s'étirera jamais vers le haut du panier. Nous sommes là pour voir du pays, du gore éclaboussant, des combats titanesques, toutes sortes de créatures (heu...) et de la violence tout azimuth ; on range au placard toutes psychologies encombrantes, toutes traces d'émotion, de réflexion et de drame, tout ce qui nous permettrait de nous enfoncer réellement dans cette mythologie. De l'heroic fantasy un peu rouillé qui ensanglante les scènes afin de palier au manque de renouvellement du genre : des dialogues bas de gamme, des héros guerreiers plus qu'héroïques, des situations trop caractérisées (jusqu'à l'inévitable destruction finale des décors), le film ne cherche jamais à aller plus loin que ce qu'il avance, à choquer (on ne hait jamais Conan, le méchant évite une scène incestueuse, le sexe est réduit au strict minimum...etc), les décors sont trop nombreux, introduits par des matte paintings censées faire illusion et nous faire oublier le côté "cheap" du produit. C'est une oeuvre sans enjeu, avec juste ce qu'il faut d'inventivité visuelle et d'efficacité de la part du réalisateur, réalisateur qui connait très bien sa grammaire cinématographique du film d'action. Pour finir, avec un peu de recul, le bad guy se fait quand même chier des années pour avoir à la fois son masque et la femme au sang pure, et quand il parvient enfin à ses fins, il se fait tanner lamentablement par un gars bodybuildé avec une simple épée... Un film qui manque à la fois d'ambition (pour s'en prendre à Schwarzy, il en fallait un minimum !) et de cou****s (les litres de sang ne suffisent pas et constituent plutôt une solution de facilité vis à vis d'une censure guère choquée par ce type de violence). Ca restera le premier Conan du cinéma à avoir du poil sous les bras : on n'a pas tout perdu !