Editorial
Filmographies
Le coin fantastique
Mail
Liens

 

Chromosome 3

David CRONENBERG
(17-18)

Impossible de ne pas reconnaître l’auteur : son style implacable, la qualité de l’œuvre, un sujet organique et psychologique. Oui : c’était son meilleur (depuis il a fait « Crash »). La froideur de la photo, unique, ne peut laisser insensible, le scénario, étrange au possible, mystique, métaphorique, m’a doucement traumatisé de par son contenu éloquent, débridé et charnel. On voit nos repères se briser, nos yeux hypnotisés par l’ambiance glaciale, médicale et incisive, l’intrigue y est remarquablement menée et c’est avec un malin plaisir que le scénario nous étonne sans cesse et repousse les limites de nos croyances. La mort, la folie, la peur y sont magnifiquement traitées et c’est d’ailleurs cette dernière qui s’installe en nous, une peur inconsciente, interdite, illégitime. On aurait presque l’impression de se faire psychanalyser contre notre gré, nos fantasmes morbides y passent et ce, jusqu’au final allucinant, puissant. Shore et les acteurs expriment avec force leur dévouement à ce grand homme dont le secret pour mettre en image de telles atrocités et nous captiver en même temps n’est pas près de tomber.