Le
choc des titans |
(8-9) |
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Un film d'aventure décérébré...
Il faut déjà se dire que, si vous avez eu le plasir de voir
l'excellent original, vous serez en terrain
connu. Sinon... vous serez également en terrain connu (preuve en
est la scène de la méduse, parfait symbole d'un film qui
ne renouvèle pas le mythe, ne surprend pas et ne va jamais en profondeur)
; un véritable retour dans les 80's ! Un film à 200 % visuel
qui n'a pas grand chose à dire. Car le scénario est à
demi-aveugle, sans grandes idées, fonctionnant avec des personnages
translucides et guère attachants, manquant cruellement d'une teinte
de psychologie et par conséquent d'une froideur déplaisante.
Pas un brin se suspens (et oui : le héros gagne et les seconds
rôles se font tanner sans émotion ; même le final répondra
aux exigences hollywoodiennes après nous avoir fait croire le contraire...
pas très longtemps). A propos des personnages, même s'il
est servi par un rôle fadasse, il faut bien dire à propos
de S. Worthington que l'on a guère qu'une envie durant toute la
durée du film : lui botter les fesses pour qu'il sorte enfin de
ses gonds, qu'il mette ses tripes sur l'écran et cesse de se cacher
derrière un visage renfermé ; le comble pour un acteur.
Mettons les choses au clair : il manque à ce film de vrais dialogues
construits qui font avancer le scénario au-delà de sa trame,
des scènes plus posées afin de pouvoir mieux rentrer dans
l'action, afin de remplir les "vides" laissés par les
scènes de bastons. Mais il n'y a pas que des points négatifs
: la musique est terriblement originale et les choix thématiques
assez fins (notamment lors des combats avec le père floué
et défiguré), les effets spéciaux en mettent plein
la vue jusqu'à un final qui tient ses promesses (un Kraken excitant
et destructif), un Leterrier qui livre un travail propre, à hauteur
d'homme et sait immerger le spectateur dans son spectacle ; un spectacle
comme un alignement de scènes d'action, non-stops, fiévreuses,
magnifiées par des décors qui collent au sujet. Il en restera
des images, un peu vides, assez creuses, comme la traversée du
Styx, les fameux scorpions géants, l'antre de la méduse,
la chute partielle de Argos. Encore une oeuvre qui va trop vite, bien
trop vite en besogne, ne se sert pas du formidable potentiel dramatique
de son sujet (à peine effleuré : un demi-Dieu, fruit d'un
viol), de ses personnages forts (les liens qui unissent Persée
et Io ne feront l'objet que d'une seule scène "intense",
les Dieux resteront des personnages fades) et de son sujet joliment mythologique
(qui ne sera finalement jamais l'objet, depuis le générique,
que de résumés inconsistants ; une simple toile de fond
pour servir les images)... Je trouve l'original beaucoup plus sincère.
Dernier point faible, et non des moindres : c'est lors du générique
final que j'ai réalisé avoir visionné un film en
3D (enfin... converti) ; du vol organisé. |