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Les aventures de Tintin : le secret de la Licorne
Détails du film sur InCiné

Steven SPIELBERG
(15-16)

Dès le superbe générique, loin d'être anodin, et la scène d'introduction des plus délicates, nous savons à quoi nous attendre : un vibrant hommage, un passage brillant du papier jusqu'au grand écran, un travail d'orfèvre à la fois dans le traitement des images et la scénarisation (notamment par l'auteur de Attack the block !). Chaque image, chaque détails, chaque clou rouillé, chaque coup de vent, chacun des embruns, chaque goutte d'eau, chaque poussière retranscrit à la perfection l'ambiance des albums et agit sur nous telle la madeleine de Proust, nous plongeant dans une lointaine enfance, nous faisant revivre à merveille ces aventures mythiques, n'oubliant surtout pas de ne rien perdre en route, ni la saveur de l'enquète, halletante, ni le petit côté européen de l'ensemble, ni la personnalité de son créateur originel. Même si la seconde partie -mais je ne suis que marvelophile, pas tintinophile- me semble plus éloignée, plus proche de l'adaptation que de l'hommage direct, une prouesse spielbergienne un peu plus déroutante mais fabuleusement efficace et pas si éloignée que ça de son modèle ; sans doute sert-elle à ne pas perdre en route le plus fan des fans, lui permettant de vivre pleinement et sans retenue ces nouvelles aventures hors normes.
Si chaque plan nous fait vivre ce que Hergé évoquait brillamment, c'est parce que Steven Spielberg est tout simplement génial et prodigieusement intelligent. Faire passer un personnage de planche à une oeuvre 3D nécessitait un petit quelque chose, une véritable transcription : par exemple en réalisant l'oeuvre avec le moins de plan fixe possible ; où le secret d'une adaptation visuellement réussie ! D'ailleurs le scénario est tellement vif que l'impression persistante de ne voir qu'un seul et même plan durant toute la durée du métrage ne nous quittera pas. Et certaines images m'ont personnellement fait ressentir une chose de plus en plus rare au cinéma : des frissons de plaisir, des "oh !" d'étonnement, d'émerveillement. Car le plus beau cadeau de Spielberg est de nous offrir une oeuvre où l'on sent à la fois la grande qualité technique et l'extrême finesse dans le travail artistique, des images léchées, soignées au-delà de leur vitesse de défilement ; ces images, je le répète, sont renversantes, parfois bluffantes de réalisme, troublantes au détour d'un plan, un couché de soleil, un personnage, et, finalement, encore plus belles que la réalité puisqu'issues de l'imagination fertile du plus fameux des auteurs belges. Le réalisateur trouve avec cette nouvelle technologie à la fois la plus grande des libertés (sa réalisation est ébourriffante de maitrise et d'une lisibilité impressionnante) et le choix d'explorer littéralement les planches d'Hergé sans restriction aucune, de s'y engouffrer dedans pour les faire vivre littérallement aux spectateurs. Tous les thèmes sont également là : la rencontre entre deux aventuriers que tout oppose, l'histoire avec un grand "H" du capitaine Haddock, finalement le véritable héros du film, son alcoolisme presque gênant, la découverte de Moulinsard, de quelques personnages secondaires (Dupont & Dupond, la Castafiore) ; l'humour est très familial, complètement bluffant de naturel et on s'y prête sans retenue aucune... un vrai retour en enfance vous dis-je ! Pas une seconde d'ennui, le scénario est trépidant jusqu'en son paroxysme (la scène de poursuite qui nous ramènera indubitablement aux aventures d'un certain Indiana Jones, qui a sans aucun doute fortement "inspiré" le réalisateur). Une perle visuelle, un cadeau du réalisateur américain aux fans du monde entier, aux familles.
C'est certainement la première fois que les spectateurs verront un album de Hergé en mouvement.

 

La critique des internautes
 
On pouvait nourrir de légitimes craintes quant à l'adaptation de cette bande dessinée culte, elle même adaptée en un dessin animé très respectueux et assez excellent. On pouvait de fait craindre une américanisation de Tintin. Mais c'est quand même Spielberg à la réalisation, alors on va voir ce que le film donne. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'on n'est pas déçu du résultat. Mieux, on ressort satisfait de la séance, apaisé presque, se disant que le réalisateur américain a parfaitement retranscrit la BD à l'écran, en étant totalement fidèle à l'esprit des personnages dessinés par Hergé. Tout d'abord, parlons de cette excellente technique utilisée qu'est la performance capture. Elle s'inscrit parfaitement à cet « esprit » si important, nous donnant un réalisme « animé » assez bluffant. Et tellement intéressant, qu'elle nous fait replonger littéralement dans notre enfance, quand on suivait les prouesses du jeune reporter. Tintin est bien représenté, mais il est vrai que c'est le capitaine Haddock qui force le respect. Une telle représentation du capitaine est extraordinaire. Les autres personnages sont eux aussi remarquables, de la Castafiore en passant par les Dupont et Dupond. En fait, c'est l'ensemble qui interpelle, cet ensemble de vues tellement beau, qui sonne finalement tellement vrai. C'est un tout qui donne tant de force, tant de puissance à l'oeuvre.
De plus, l'idée d'utiliser le secret de la licorne et de placer cette histoire dans le crabe aux pinces d'or est assez géniale et contribue à une fluidité remarquable du récit. Tout est juste dans ce film, du scénario à cette réalisation toujours en mouvement, qui va à cent à l'heure. Film formidable.

NOTE : 16/20

Julien