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Assassin's creed
Budget = 125 M$
BOX OFFICE France = 3 498 / 224 028 - 881 000 - 1 877 000 entrées
BOX OFFICE USA = 10,3 / (54,6) M$
BOX OFFICE Monde = 240,8 M$
 

Un film qui s'effondre comme un beau château de cartes. Je suis le premier -vous le savez très bien- à jeter mon dévolu sur ces films qui, l'air de rien, développent un second niveau de lecture, au-delà de ce qu'ils semblent avancer innocemment : Assassin's creed semblait être de cette trempe là. Sauf que... Sauf que pour une fois j'aurais souhaité une oeuvre bien plus simple, qui ne se mord pas la queue et s'assume pleinement en tant que blockbuster / actioner / film d'aventure sans prise de tête. Car pour se prendre la tête avec d'intelligentes notions, encore faut-il a minima les maîtriser... Si le concept est profondément original (pour qui ne connaît pas le jeu vidéo dont le film est tiré... moi !) et ne peut qu'être salué bien bas, si nous sommes en présence d'un très beau film, qualités techniques sur lesquelles nous reviendront, le scénario est de toute évidence, et ce dès les toutes premières minutes, le talon d'Achille du projet. Tenter de mettre fin au concept du péché originel, concept catholique s'il en est, ne suffisait sans doute pas, alors les scribouillards y ont inclut une nouvelle notion : la suppression du libre-arbitre. Eradiquer le Mal inhérent à l'homme aurait sans doute été trop "simple", alors il fallait approfondir... Le problème c'est que "péché" et "libre-arbitre" sont deux choses très distinctes, et que supprimer le libre-arbitre chez l'espèce humaine (d'ailleurs on ne sait trop comment ils allaient occuler ce "code génétiques") n'empêche nullement celle-ci de faire le mal : mais simplement de choisir de le faire ou de ne pas le faire. Les assassins, mûs par un destin, seraient restés des assassins, sans rémission aucune. Et là on pourrait causer théologie / philosophie durant des heures, mais nous ne sommes pas là pour ça. Deuxièment : la fameuse pomme est précieusement gardée par un musulman ; ce que les scénaristes ignorent sans doute c'est que de pêché original il n'y a pas en Islam, et la présence de ce faux trésor (relique pourrait-on dire) laissent quelques questions en suspens. Des détails dans l'histoire ? Non : il s'agit de l'assise du film, sans quoi celui-ci vascille. Et tombe.
Mais le scénario est en lui-même un terrifiant brouillon d'où rien de tellement bon ne ressort : un début trop rapide, des seconds rôles esquissés (les autres assassins / prisonniers, le père et la mère), des scènes ubuesques, soit parce qu'incompréhensibles, soit parce que farfelues (la fin est un sommet du genre), et surtout des dialogues miséreux qui réduisent parfois l'oeuvre à une vulgaire série Z. Il en ressort que l'on se pose plus de questions qu'il ne pourra y avoir de réponses (comment les assassins infiltrent aussi aisément des Templiers sur leur garde ? Pourquoi l'endroit où se trouve finalement la pomme n'a-t-il jamais été fouillé en 500 ans ?). M. Cottillard, J. Irons et C. Rampling ne sont absolument pas à l'aise avec leur personnage respectif.
Pourtant techniquement il y a de la belle matière : la réalisation assez impressionnante de J. Kurzel m'a carrément surpris (l'emploi à bon escient des contre-plongées notamment), le montage est haletant, les décors somptueux, la photographie est splendide, les cascades pas assez nombreuses car réellement étonnantes et même originales, la bande-son sort également du lot. Il en restera une oeuvre duale, qui veut faire "genre" mais qui n'est que belle pour les yeux. Je n'oserais même pas dire trop ambitieuse...

NOTE : 8-9 / 20

La critique des internautes
 

 

NOTE : -/20

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