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Anomalisa

Charlie KAUFMAN - Duke JOHNSON
(10-11)

Si vous aimez les films différents : celui-ci pourrait vous plaire ; ou pas. D'abord parce que c'est un film de marionnettes et que le genre est encore loin d'être abondant, à la mode. Ensuite parce qu'il s'en dégage une beauté foudroyante et atemporelle. Enfin, et on ne le comprendra pas tout de suite, il y a un gros problème de... vocalise. Alors il est rageant de mettre aussi longtemps à pénétrer cet univers unique : en bon film indépendant celui-ci se lance des plus lentement. Non seulement il prend son temps, mais il le prend pour ne pas dire grand chose, refusant presque d'installer une quelconque atmosphère en rebutant quelque peu le spectateur moderne, impatient ; ce qui prend 3 minutes dans un film conventionnel durera 20 minutes ici... Donc il s'agit de l'histoire d'un homme qui arrive à Cincinnatti pour le travail... mais pas que. Et en voulant renouer avec son passé il va trouver l'amour de sa vie. Enfin, presque. C'est un peu largué, jusqu'à l'arrivée de cette femme, que l'on aborde le film, la réalisation un raide n'aidant guère, et le fond du sujet (l'ennui, la tromperie, l'existence de Mr-tout-le-monde) étant aussi vieux que le 7ème art n'y fait rien, surtout qu'ici il est traité sans grande originalité, si ce n'est visuellement. Quoique : car on finit tardivement par comprendre que l'oeuvre est une métaphore sur la recherche de l'être aimé, l'autre, différent de nous, différent des autres, et que le film est dingue comme un coup de foudre... avant de retomber comme un soufflé. Il y avait tout un monde à développer (notamment ses personnages aux visages cassés !!), et j'ai peur que la folie ambiante d'un film qui parait aller dans tout les sens en rebute pas mal. Et pourtant Dieu sait que l'on a envie de l'aimer... mais je ne suis pas entré assez rapidement dans cet univers.