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Albator, corsaire de l'espace
Détails du film sur InCiné

Shinji ARAMAKI
(13-14)

Une claque visuelle. L'exigence, la qualité de l'animation et des graphismes renvoient 80 % de la production américaine annuelle directement aux oubliettes ; même si les objectifs et le public visé ici n'est certainement pas le même. Et ce n'est pas sans nous rappeler l'exploit d'un Final fantasy et la qualité graphique des jeux vidéos actuels, en passe de dépasser le travail des animateurs du 7ème art... C'est d'emblée un film où l'on s'installe avec un immense plaisir tant l'amour du détail et le travail phénoménal effectué ne peut qu'être loué : il ne reste plus qu'à s'extasier devant ces matières plus vraies que nature, cette diversité étourdissante, ces mouvements majestueux (plus que subtils), ce rendu des lumières, des architectures complexes et originales (le mélange ancien / moderne qui convient tellement bien au film), des costumes ; tout un univers bien vivant et d'une richesse incroyable dans lequel il est impossible de ne pas plonger avec émerveillement. Côté littéral on retrouve le personnage ambigu et sa quête, modernisés (Albator a déjà beaucoup vécu...) et surtout cette SF nipponne comme on l'aime tant : inventive, charnelle, regorgeant de détails, foisonnante. On y retrouve autant une richesse fondamentale, comme celle issue de la mythologie "Star wars", que thématique : le pouvoir aux mains des tout puissants et des nantis qui manipulent le peuple pour asseoir leur domination, l'ennemi du pouvoir qui, au fond, est plus un résistant qu'un terroriste, la bataille pour un idéal, la guerre fraternelle... Dommage que les personnages ne soit pas assez développé (hors mis les 2 frères, étrangement les 2 véritables héros du film), que le scénario ait des enjeux mal définis (le retournement de situation du début, les sujets un peu emmêlés : les noeuds temporel, l'histoire autour de la Terre, la lutte fraternelle...etc), que le film se déconcentre et laisse place à un combat peu convaincant (le 1er d'Albator contre la flotte), effectue quelques pirouettes trop faciles (les ressources militaires du gouvernement), abuse de charabia science-fictionnel et donne dans des explications un peu saugrenues (voir tardives : pourquoi le bad guy n'a-t-il pas mis son frère au courant de l'histoire d'Albator ?) telles que les raisons qui poussent Albator à se venger et celles entraînant la destruction de la Terre. Des petits détails qui viennent perturber notre quiétude lors d'un spectacle d'une beauté rare et que l'on n'avait pas vu depuis longtemps. Puissant, exceptionnel, somptueux mais un peu cabossé scénaristiquement, mal fignolé et un peu chiche quant à sa portée véritable.