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EDITORIAL d'AOUT 2011 Nous allons encore parler de 3D... mais n'avons-nous pas déjà tout dit ? Non : j'ai pour ambition, dans cet édito du mois d'août, de faire une analyse critique et cinématographique de l'utilisation, et donc de l'utilité, de la 3-dimension dans les films. Qu'est-ce que cette technologie de foire et de parc d'attraction apporte au 7ème art, dans son entièreté, à chacun des corps de métier qu'il représente ??? - Aux acteurs : hors mis le fait que la 3D peut constituer pour eux une contrainte de tournage supplémentaire (mise en place encore plus longue ?), elle n'influe en rien leur travail , ni en positif ni en négatif, alors que, dans une autre strate d'innovation, la Performance Capture rend justice à leur jeu d'acteur là où pêchait la Motion Capture, beaucoup plus grossière et moins subtile ; la 3D ne les aide en rien et ne met absolument pas en avant (lol !) leurs efforts. - Au scénario : est-ce que le scénario est mise au service de la 3D ou la 3D mise au service du scénario et de l'histoire ??? That's is the question ! Si le scénario s'écrit en fonction de cette technologie, l'auteur est à même de rajouter quelques artifices visuellement du plus bel effet mais narrativement sans intéret aucun car simples pièces rapportées. A l'opposé, passer un scénario lambda à la moulinette 3D (Cf. Le choc des titans pour n'en citer qu'un) n'apporte rien de plus qu'une profondeur visuelle mais ne retire rien littérallement de ses effets. On l'a compris : la 3D c'est visuel, le scénar tient à un tout autre domaine quasiment incompatible... On attend toujours le film qui se sert "scénaristiquement" de cette technologie pour enrichir le film tout comme les effets spéciaux permettent de rendre crédible une histoire... la question est simple en fait : un film de SF, par exemple, tel que n'importe quel Star wars, peut-il se passer d'SPFX ? Et de 3D ??? Je pense que vous connaissez les réponses à ces deux questions... - Au réalisateur : sans doute l'un de ceux qui peut profiter au mieux de cette avancée technologique en travaillant VRAIMENT sur les profondeurs de champs, les espaces et en inventant une "nouvelle" façon d'aborder les notions de décors, de scène (au sens théatral), un peu comme l'avaient fait les ex-Wachowski bros avec Matrix. Bon sans comparez M. Bay et les Wachowcki, nous dirons que Michael a quand même su mettre à profit la réalisation de Transformers 3 pour utiliser au mieux les effets 3D de son film. Mais une question persiste : voir T3 en 2D nous prouvera-t-il que cette réalisation a plutôt été pensée pour de la 3D ??? Pas franchement sûr ! - Aux décors : Adapter les décors à la 3D ? Pourquoi pas ? Penser les décors comme un espace infini dans lequel le spectateur va réellement se plonger ; basta les devantures vides, les décors d'apparat et les objets qui ne servent à rien ! Mais actuellement ce ne sont que de brêves parties de ce décor qui subissent les joies et les peines de la 3D, des parties bien souvent numériques : des objets lancés, une caméra qui passe sous une arche, comme si on ne savait pas encore penser l'espace différemment en utilisant toutes les possibilités de la 3D. Mais il est clair que certains voyages sur une lointaine planète et certaines attaques de robots géants ont vu le spectateurs pénétrer virtuellement dans les décors et sans que ceux-ci soient forcément plus adaptés nous avons senti au mieux leur imposante présence et leur volume.- Aux costumes : (Excusez-moi par avance...) la meilleure des 3D dans ce domaine reste et restera bien évidemment les formidables mensurations des actrices que les agences de casting nous mettent régulièrement sous les yeux... la 3D peut-elle aider Gwyneth Paltrow ? No comment... - A la photographie : Complètement indépendant de l'utilisation de cette technologie (hors mis d'un point de vue purement technique), bien que visuelle, rien à ajouter. - Au montage : Le montage peut-il avoir un lien avec la 3D ? Pas facile à dire : mais le montage permet déjà de spatialiser un environnement 2D grâce aux différents points de vue-caméra. La 3D un outil qui va tuer le montage ou rendre les monteurs plus fainéant ??? Nooooon ! La 3D est une spatialisation du plan et non du film ou de la narration : pas d'inquiétude ! - Aux maquillages ou au son : euh.... non, là je ne vois vraiment pas ! - Aux effets spéciaux : La 3D vient clairement en renfort dans ce domaine, une nouvelle palette dans l'artillerie des FX afin leur donner une autre consistance, plus réaliste, plus palpable. La 3D se doit d'être au service des FX afin d'accentuer leur puissance évocatrice, et les FX toujours au service du scénario afin de l'illustrer et non pas devenir moteur du film... le scénario et la 3D s'éloigne de plus en plus ! Finalement je conclurai avec l'exemple de Pirates des Caraïbes : une attraction "3D" des parcs d'attractions Disney qui se retrouve sur grand écran, en 2D tout d'abord, et qui finit par s'adjoindre la 3D afin de... redevenir une attraction de parc (cinématographique). La boucle est bouclée, mais je ne suis pas sûr que le 7ème art en ressorte tellement gagnant au niveau artistique, en tous les cas pas suffisamment comme le soulignais récemment le grand Spielberg (qui souhaitais que la 3D se généralise et que les prix baissent : Tintin en 3D à prix 2D !!!). Finalement, dans le domaine du 7ème art, ce ne sont que les spectateurs à qui profite la 3D : je ne parle évidemment pas de leur porte-feuille mais de leur regard et de leurs émotions ; quant à leur cinéphilie...
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