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EDITORIAL de FEVRIER 2011 Souvenirs... Un peu de nostalgie ne fait pas de mal, n'est-ce pas ? Alors plongeons dans mes souvenirs d'adolescent puisque, je vous le rappelle, je suis tombé très tardivement dans la marmite du cinéma, quelques années après avoir découvert, scotché et à jamais bouleversé, un immense singe en noir & blanc tenant dans sa main une belle prisonnière et, quelques temps plus tard, un soldat noir pénétrant avec son armée blanche dans un vaisseau spatial renfermant une princesse et 2 sympathiques robots... 1ères images... 1/ Le souvenir encore palpable d'un lycéen qui
s'emmerdait en cours (et qui le regrette... un tout petit peu...) et
se permettait de faire sauter le pourtant passionnant cours d'histoire
de Mr Héritier afin de courir à St Etienne (le ciné
local avait alors fermé ses portes depuis belle lurette) afin
de découvrir, médusé, la ressortie extraordinaire
d'un génial Orange mécanique ; un bonheur
réitéré trois années de suite !!! Et celui
d'un soir où, pour une fois, le gros Gaumont du centre-ville
diffusait à une faible dizaine d'amateurs un Easy rider
en V.O. sous-titrée qui allait changer ma vie ; un pur trip. 2/ Petit hommage au (x) vidéoclub (s) de mon
enfance [pour les plus djeuns : un vidéoclub c'était un
magasin dans lequel les cinéphiles venaient fourmiller au milieu
des rayons à la recherche de quelques nouveautés et autres
incunables récemment sortis en vidéo - PS : les vidéos,
appelés également vidéocassettes par nos "ex-anciens",
étaient le format sur lequel sortaient les films avant l'avènement
du DVD / Blu-ray]. Je me souviens de deux vidéoclubs en particulier
: le premier m'a permis de connaitre la joie de venir chercher tous
les samedis après-midi 2 voir 3 perles rares, ou moins rares,
pour une maigre poignée de francs et de les visionner en boucle
le soir afin de les rapporter le dimanche matin. Cette petite boutique
(non : je ne suis jamais allé dans l'arrière boutique,
au rayons X !) me permit d'étancher ma soif de cinéphilie
et fantasticophilie aigüe et de découvrir des films inimaginables
tels que Face à la mort ou Vendredi
13 (Ah ! Le bond que ma mère a fait lors de la scène
finale !!!), des films de cannibals aujourd'hui introuvables, les 1ers
Peter jackson et d'autres monstruosités gore du même cru
; et de fouiller encore et encore afin de découvrir parmi les
jaquettes des oeuvres improbables et, au fil des années, de compter
les quelques oeuvres que je n'avais pas encore vu... mais il y en avait
si peu ! J'étais tellement un habitué que le gérant
me refilait toutes les affiches lorsque les cassettes avaient fini de
tourner... C'était avant qu'une espèce de grande surface
de la vidéo ouvre juste en face, ne proposant que les gros calibres
calibrés qui se trouvaient sans doute être plus rentables
; cette dernière a fermé ses portes assez rapidement d'ailleurs...
puis les vendeurs se sont effacés devant des distributeurs automatiques... 3/ Soirée thématique à la découverte de Fellini dans un cinéma "Art & essai", Le France (pour lequel j'ai failli travaillé... mais c'est une autre histoire), avec présentation en grande pompe de la soirée, documentation a gogo et films inimaginables aujourd'hui tant la formatisation a nivelé le cinéma par le bas.... il me semble. 4/ A quelques pâtée de maison de là,
dans un petit ciné de quartier, par une belle après-midi
ensolleillé je suis venu, j'ai vu et quand je suis ressorti de
la salle je me suis assis sur le premier banc qui se trouvait à
ma portée (plutôt un bloc de béton qui avait très
justement et intelligemment croisé ma route) comme si je venais
de prendre une dose de cocaïne : je venais de découvrir
un film qu'il faut avoir vu sur grand écran, ne plaira pas forcément
à tout le monde, mais m'avais... comme drogué ; Arizona
dream d'Emir Kusturica. 5/ Nouveau cinéma, nouveau souvenir : la projection de Terminator 2. Et bien ? Le film vaut ce qu'il vaut mais j'ai le souvenir d'une salle tellement pleine que les spectateurs s'asseyaient sur les marches entre les rangées de strapontins ; vous avez dit "sécurité" !!! Quelques années plus tard je faisais deux fois le voyage à St Etienne, vers le même ciné, afin de voir le désormais et alors déjà fameux Titanic : la première fois la file d'attente était telle que je n'en n'est jamais revu de telle et que ce qui devait arriver arriva : salle comble, spectateurs refusés. Tout les cinémas de la ville avaient été pris d'assaut et il ne restait plus qu'une solution : revenir le lendemain et se rendre, en plein hiver, devant le ciné avec une bonne heure et demi d'avance ! 6/ Dernier souvenir (avant une nouvelle salve dans quelques mois ???), celui des soirées "ciné fantastique" dans la salle du cinéma art & essai sus-cité ! Une nuit complète de bonheur à vibrer avec la salle, une bonne grosse dose de films jusqu'au petit matin et ses croissants offerts. Pas facile dans une telle ambiance d'apprécier un film détesté du public... mais c'est quand même plus fort que sur un maudit canapé avec un paquet de M&M's à la main. Bon allez : je vous laisse ; j'espère que ces quelques bribes de vie auront fait ressurgir en vous quelques moments incroyables de votre propre cinéphilie... partagez-les !!! |