Editorial
Filmographies
Le coin fantastique
Mail
Liens

 

EDITORIAL de DECEMBRE 2010

Quand on m'a proposé d'écrire un article sur les représentations du jeu au cinéma, ou plus particulièrement pourquoi le cinéma s'est intéressé au jeu et tout particulièrement au poker, je suis resté dubitatif... manque d'inspiration ? Pas envie d'écrire sur commande ? Guère le temps de me retaper tous les films avec une scène de poker ici ou là, de les analyser et d'en dresser une liste absolument exhautive ? Et puis j'ai décidé de relever le défi... moyennnant finance (faut pas déconner non plus : c'est bientôt Noël !!!).
Comment le truc le moins cinématographique du monde (après la lecture d'un bon roman...) s'est-il retrouvé sur grand écran et pourquoi ??? Quelques types assis autour d'une table, en silence, réfléchissant et tapant le carton... est-ce vraiment excitant ? OUI !!! Car en fait celà fait référence au sport, au jeu de combat, d'opposition, voir à une scène d'action dans sa construction (début ouvert, simulacre de défaite et victoire in extremis) ; pourquoi un "match" de poker (ou de belote pour rendre un vibrant hommage aux films de Pagnol) ne serait pas aussi stimulant qu'une partie de base-ball ou de basket ball, de même qu'une scène de combat sur un champ de bataille quelconque ??? Et puis rappelez-vous que nous sommes dans un film, il faut savoir qu'il n'y a pas de fair play au cinéma : le héros gagne, se voit valorisé, riche, souriant, émoustillant les jeunes filles alentours alors que les autres ramassent leurs billes avec pour seule et unique rançon un nom écrit à la fin du générique... et encore... Ces scènes de jeu sont un ressort dramatique incomparable, un élément de suspens -si elles sont bien filmées- des plus vibrant, des plus excitant. Le jeu peut être également vu comme une drogue : il nous emmène sur les rives de thèmes aussi foisonnants que la déchéance, la défaite, la maitrise de soi, l'auto-destruction. Et puis les scènes de poker sont un peu comme les scènes de sexe finallement : la victoire finale, obtenue après moult manoeuvres et beaucoup de retenue, après que l'intensité est augmentée au fur et à mesure que le "jeu" avançait, équivaut presque à une jouissance (le vainqueur est tout seul ? Vous voulez dire que... oups !). Tout cela pour dire que l'élément "jeu" est très riche et très complet et s'intègre parfaitement au film une fois qu'il est scénarisé, découpé et filmé avec justesse.

Le poker est présent au cinéma depuis... l'aube du cinéma ! 1898 : la première scène de poker référencée dans un film (Poker at Dawson City) ; mais sa légende a dû débuter avec la sortie du Kid de Cincinnati avec Steve McQueen (comme celle du billard correspond à celle de La couleur de l'argent). Il est le jeu de carte préféré des cowboys et jouit d'une réputation sans tâche (ou presque : il parait que certains trichent...) alors pourquoi ne pas l'exploiter à fond puisque jouer au poker, ça fait classe ? Et puis un film avec une scène de poker c'est autrement plus attirant qu'un film avec une scène de "kilo de merde", non ? N'oublions pas qu'il y aurait près d'un demi million de joueurs de poker en France : un joli potentiel de spectateurs, n'est-ce pas ? Pourtant on ne peut pas dire que les films traitant exclusivement du sujet soit toujours de véritables mannes commerciales : entre Les joueurs (sorti en plein boom du jeu) et Maverick (qui date déjà de 1994) il y a un gouffre... 23 M$ rapporté aux USA et 145 000 entrées en France pour le 1er et 101 M$ / 1 426 000 entrées pour le 2nd... Il faut croire que les joueurs se retrouvent maintenant sur la toile (300 millions d'euros échangés !!!) plus qu'en salle, que le "poker sans téléchargement" est moins pénible qu'une sortie au ciné et parfois plus rentable !

En tous les cas à l'heure où Canal + a fait du poker l'un de ses cheval de bataille (imitant les USA), où la loi légalise les jeux de pari en ligne, le poker n'a jamais connu un tel engouement et il est fort à parier que le cinéma "joue" un peu plus avec ses paramètres dans l'avenir ; d'autant plus que jouer au poker, au cinéma, c'est prendre un pari sans risque si ce n'est de risquer entre 5 et 10 euros... le prix requis pour rentrer dans la salle ! N'oublions pas que c'est à Hollywood que l'on invente des héros qui nous permettent d'être des super héros par procuration, de vaincre divers monstres, aimer les plus belles femmes (hommes) du monde, des héros qui, forcément, gagnent toujours à la fin ; Hollywood est l'industrie du rêve du rêve par excellence, le rêve de victoire et de richesse fera toujours courir les foules dans les salles : la meilleur pub pour le jeu en fait ! L'un enrichissant l'autre et vice et versa...

On peut alors aisément imaginer que nous assisterons très bientôt à un fight de poker game qui durera 1h30 ou 1h50 (imaginez la scène de Casino royale...) filmé à l'aide d'une caméra à l'épaule, en montage cut avec des effets spéciaux de fous (...et en 3D, bien sûr !) comme tout bon film d'action (c'est moi qui est eu l'idée en premier, hein ?) ? D'ailleurs il n'y a pas que le poker dans la vie : tous les jeux ont le droit de citer sur grand écran : les production d'adaptation de la bataille navale ou du monopoly sont bien avancé. Un amateur de "Les petits chevaux, le film", "Pictionary : l'ultime combat", "Mikado ultimate" ou "Scrabble begins" ?

Why not !