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EDITORIAL d'AOUT 2010 Quoi de mieux que le support du 7ème art pour évoquer le domaine du rêve et ses imbrications avec le réel ? A l'occasion de la sortie remarquée et remarquable d'Inception, voici un petit topo sur un genre qui n'en est pas un mais nous a offert des oeuvres plutôt... charismatiques ! Et pourtant : attiré le public dans les salles obscures pour leur parler d'un sujet aussi étrange et flou que le rêve ne se fait pas aussi aisément que les pousser sur le canapé d'un quelconque psy ! Le ciné pour s'évader : oui ; pour se faire psychanalyser : non ! Et c'est en cela que la sortie d'Inception est exceptionnelle, outre la qualité du film : c'est une oeuvre qui a su rassembler le grand public autour d'un sujet difficile, voir délicat à traiter, guère rassembleur et dont la bande-annonce annonçait pourtant clairement la couleur. Je ne reviendrai pas dans cet édito sur la signification de chacun des films évoqués ni sur leurs implications mais les évoquerai d'un manière plus généraliste, en forme de tour d'horizon afin vous donner envie de découvrir certaines oeuvres, entre deux tours à la playa. Première remarque, la qualité des films
en question. Parler de la chose la plus abstraite qui soit n'étant
pas donné à tout le monde (j'en veux pour preuve l'un
des seuls ratage du genre, le remake Vanilla
sky d'un bijou espagnol ; avec Au-delà
de nos rêves de V. Ward)
ce sont bien souvent les plus grands, les plus prometteurs, souvent
les plus exigeants des artistes mondiaux, en tous les cas les plus ambitieux
qui s'y sont frottés : combien d'entre nous sont-ils encore hantés
par les rêves de Laura Palmer (Twin
Peaks) ? Ou par les scénarii casse-tête de
Lost highway
& Mulholland
drive ? Erasurhead
n'est-il pas tout simplement un rêve éveillé de
1h30 ? Et d'ailleurs toutes les oeuvres de Lynch
n'ont-elles pas attrait au domaine du rêve (sauf une...) ? Ce ne sont donc pas des oeuvres grand public, il est
guère utile de chercher d'immenses succès au box office...
jusqu'à Inception
! Sans, une fois de plus, vouloir analyser les chiffres de chaque oeuvre...
D'ailleurs l'un des plus gros succès du genre au box office US
revient au plus mauvais film d'entre tous : Vanilla
sky ; et il faut bien avouer que derrière il n'y
a pas grand monde sinon une poignée de succès d'estime
(voir les films cités ci-dessus + Mémoire
effacée : 67,1 M$ ; The
cell : 61,3 M$ ; L'armée
des 12 singes : 57,1 ; Au-delà
de nos rêves : 55,4). Ah ! On me signale qu'il y
a un certain Total
recall qui a su se démarquer en 1990 : 119,4 M$
(et pas moins de 2 360 000 entrées françaises !!!) (Ouverture de parenthèses) Je voulais évoquer ici un cas très personnel : L'imaginarium du Dr Parnassus. Bon OK : il fallait peut-être un cinéphile un peu timbré pour laisser sa fille de 8 ans regarder un film aussi zarbi... mais les expériences cinéphiliques inoubliables n'ont pas d'âge pour être vécu... Et contre toutes attentes -notamment la mienne qui suit resté en marge de ce film presque trop personnel- ma fille est ressortie du film sub-ju-gé ! D'ailleurs : (attention spoiler !!!) Brazil n'est-il pas le plus beau et le pire des cauchemars cinématographique ??? (Fermeture de parenthèses) Justement : ces films ne seraient-ils tout simplement pas trop effrayant, en tout les cas pour ceux qui les fuient ? Peut-on parler du rêve sans évoquer le cauchemar (Freddy Krueger n'est plus très loin...) ? Nous rappelleraient-ils ce côté fantastique et souvent inexplicable qui hante nos vies quotidiennes, normalisées et tellement terre à terre ? En prenant le pari de faire rentrer le spectateur non pas de force mais par le biais d'une technologie futuriste, Nolan n'a-t-il pas trouver la meilleure façon d'intéresser, en tous les cas de ne pas effrayer, le grand public ? Bien, nous sommes au mois d'août : je vous laisse à vos réflexions... |