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EDITORIAL de JUIN 2009 Il existe, comme vous le savez sans aucun doute, une véritable dichotomie entre deux façons de voir un film et de l'apprécier : celle du critique professionnel, et celle du spectateur lambda... Nombre de film à la critique épouvantable fonctionne du tonnerre de Dieu en salle palors que d'autres, dont les avis presse sont dithyrambiques, sont boudés par le commun des mortels ; les exemples sont légions. Alors pourquoi les critiques journalistiques sont-elles si différentes des appréciations chiffrées des spectateurs ? - Avouons au moins une chose : les critiques sont censées s'y connaitre en cinéma puisque leur métier est, justement, de critiquer des oeuvres du 7ème art ; un bon critique -malheureusement tous ne le sont pas- connait parfaitement et sur le bout des doigts ce qu'est un syntagme, un schéma diégétique, une analepse, le code herméneutique, un hiatus...etc. Même si tous ces "gros mots" ne seront pas employés tels quels afin de faciliter la lecture de leur texte. Le critique est donc capable de décortiquer une oeuvre et d'en comprendre le fonctionnement intrinsèque, de se poser les bonnes questions, d'analyser avec justesse, de voir ce que tout un chacun ne saurait voir avec des yeux vierges, sans un minimum de savoir technique. On peut très bien avoir une opinion sur tout, d'autant plus une opinion sur une oeuvre d'art dont le jugement tient également à une impression plus diffuse, mais avouez qu'il est délicat d'apprécier, ou non, un tableau de Picasso sans connaitre les arcanes de sa création artistique, difficile de se faire une opinion objective et de ne pas passer à côté de nombre de détails sans connaitre un minimum de chose sur l'artiste et son art. L'OBJECTIVITE : voilà le sens de ce paragraphe... N'oublions tout de même pas que certains spectateurs, plus communément appelés "cinéphiles", possèdent toutes ces connaissances, que quelques lectures assidues, un peu de passion et un minimum de bonne volonté sauraient apporter à n'importe qui le désire.. ou en ressent le besoin. - Les critiques sont censés avoir vu un nombre suffisant de films, ce qui doit leur permettre de pouvoir COMPARER les oeuvres entre elles, essence de ce beau métier, base technique, formelle et fondamentale pour acquérir justesse et... objectivité ! Une oeuvre tout à fait appréciable et pleine de qualités mais qui ressemble trop à un autre film un peu plus daté ne saurait être apprécié de la même façon, suivant si l'on connait ou non cette autre oeuvre similaire. Un critique se doit de voir et de connaitre les classiques du cinéma et posséder un éventail de connaissances visuelles le plus vaste possible... de ce fait, être bon juge en matière de cinéma avant 15 ans (mais ce chiffres est subjectif) me parait assez aléatoire... - Parce que les critiques pètent plus haut que leur cul -et je m'inclus volontier dans ce groupe de péteurs, même si je ne fais que d'amatrices flatulences...- et sont fiers de pouvoir lancer leur point de vue à la face du monde, de dire tout haut au petit peuple que, lui, possède la connaissance et la (une ?) vérité... Y-a-t-il plusieurs façons de regarder un film : une vision professionnelle et une autre plus dilletante ? Qui a raison ? J'ai tout de même peur que le critique oublie trop souvent l'aspect "plaisir" du cinéma et que le public, dans sa grande majorité, oublie le côté "artistique", ou tout simplement technique de ce même 7ème art. Qui a raison ? That's is the question... Un mixage des deux me parait assez intéressant ! - Les critiques, pour bon nombre d'entre eux, ne paient pas leurs entrées dans un cinéma grâce à la magie de leur carte de presse, ils ont par ailleurs et en contre-partie "l'obligation" d'écrire un papier plus ou moins développé sur le film qu'ils auront vu ; Les spectateurs sont, eux, en roue libre. Qu'auraient-ils à dire s'ils devaient répondre à une enquête de satisfaction au sortir de la salle ? Les gros scores d'un Coco ne seraient-ils pas freinés dans leurs ardeurs par des critiques de spectateurs incendiaires si l'on en juge par l'épouvantable bouche-à-oreille de ce film ? De toutes façons, peut-on réellement comparer l'opinion de la presse, argumentée, et des chiffres finallement muets, en tous les cas sans saveur critique ? - Le critique regarde, où tout du moins est censé regarder, tout ce qui lui passe sous les yeux. Le spectateur lui, doit faire un choix sans prendre le risque de voir ses euros convertis en déception et il se laisse à mon humble avis plus facilement berner par un trailer destiné avant tout à le caresser dans le sens du poil. Et le spectateur lambda va avant tout au cinéma pour se détendre : il se contrefout des analyses et se refuse à réfléchir devant un film (ce qu'il ne sait sans doute pas : les termes techniques et toutes ses belles réflexions cités un peu plus haut deviennent en fait des automatismes et jamais des contraintes intellectuelles...). Pas vraiment le même objectif... Quel est l'idéal ? Un critique bon spectateur ou un spectateur qui reste critique, au sens intellectuel du terme ? Les critiques ne devraient-ils pas se lâcher un peu et laisser leur plaisir parler plus souvent ? Les spectateurs ne devraient-ils pas cesser d'être des moutons qui vont là où les gros films leur disent d'aller, sans réflexion sur l'art qu'ils contemplent ? Bref : dans les deux cas il serait sans aucun doute bon de prendre un rien de recul, pour le bien du 7ème art, tout simplement... |